‹ Le régime de la production en Russie des Soviets 1917 à 1925 ses résultats, ses conséquencesChapitre 53 sur 70 · EN · texte numérisé non relu

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INDUSTRIES ANNÉES des années précédentes.

1912. 1920. 1921, 1922. TE nm ee Trav. de minér.. 17 18 46 42 24,6 150 91,3 Charbon... 296 C7) 88 107,5 36,3 109 122 Naphte....….. 276,3 45,6 98,3 107,6 39,2 9235 109 Métallurgie. . 691,3 41,9 62,3 50,4 7,3 120 80,8 Ind. du bois... 80 9,3 9,3 TS 11 LI RS — chimique. 125,7 26,1 29,7 38,2 30,4 146 128 Alimentation... 669,2 82,3 85 73,4 11 89,1 86,3 Prod. animaux... 66,8 0,05 0,07 0,04 0,7 80 57 CURE encre 45,5 51,6 43,4 45 99 87,2 103 COLONEL 600, 4 39,6 44,9 921 15,4 234 206 Laine. ne 247. 110,1 39,5 37,4 60,5 55,0 153 161 CIDRE re à 33,7 125 10,5 25,9 72,7 207 246 SOLO re Le M ae 54,4 1,2 DT al 9,3 425 300 Chanvres..….... ÉA840 Cet 43 2,7 15,4 46 62 Bonneterie...... 9,8 ail 4,0 6,3 64,2 203 157 Papiers. ....... 5722 19 8 00108 10,3 17,9 74 95

a — —— —— ms —

ToraL ..... 3.151,8 473,3 534,7 640,7 20,3 125 119

Production dans l’industrie d’Etat (2).

PRODUCTION INDUSTRIE EN POUDS ANNÉES de 1922 16 TT A == — 1913. 1920. 1921. 1922. 1921. 1920. 1913. ‘Charbon -t25. 7 Millions 1.738 467 520 532 100 111 30 Naphte. ........,.e — 560 234 246 289 117 123 51,5 Minerai de fer.... Milliers 550.440 10.020 8.455 1.272,5 150 126 2,2 Or nee Unités 3.720 109 85 320100 3760000315 UN S,6 Fonte ARS RENAS CE Milliers 257.400 7.020 7.109 11.752,2 165 167 4,5 Acier Martin...,.. — 259.272 9.876 11.151 22.133,4 189 214 8,5 Acier Thomas...., — 214.224 12.228 10.899 17.684 143 128 7,3 Fil de coton....... — 12.000 826 1.231 3.551 288 417 21,2

(4) Travaux de la direction centrale de statistique. Production industrielle en 1912, 1920, 4921, 1922. Voir Sur les voies nouvelles (Zagorsky, p. 381).

(2) Bulletins de la direction centrale de statistique, 31 janvier 1923, etc. (Zagorsky).

La production (1) à surtout augmenté dans l’industrie légère. Possédant encore quelques-unes des réserves considérables accumulées pendant la guerre sous le régime tzariste, ces moyennes entreprises se trouvèrent en mesure, le jour où elles obtinrent le droit d'en disposer, de développer leur productivité dans de larges proportions. Ne possédant presque plus de stocks en 4921, et soumise au régime du ravitaillement par l’État, la grande industrie ne put, au contraire, accroître son rendement dans les mêmes proportions. Il se produisit ainsi, dès le milieu de l’année 1922, un déséquilibre entre la productivité des industries extractives el de tranformation, qui accentua la crise de surproduction industrielle traversée par la Russie dès le printemps 1922 (2).

« Dès la fin de janvier et le commencement de février, en effet, l'écoulement des produits manufacturés rencontra de nombreuses difficultés. Ayant de la peine à vendre leurs marchandises, les trusts accumulerent des stocks. Lors de la foire paurusse du printemps de 1922, en particulier, les possibilités d'écoulement étaient dépassées de 10 à 100 fois par l'offre des marchandises (3).

» Auparavant, les grands trusts recevaient du Commissariat des finances des crédits considérables. La plupart d’entre

eux devaient ainsi toucher plusieurs milliards de roubles dans

(1) La hausse de la production de 1922 par rapport à 1920 est plus considérable que par rapport à 1921. Dans le premier cas, l’ensemble a augmenté de 35 0/0, dans le second cas de 19 0/0 seulement pour être même parfois inférieur à la production de 1924.

(2-3) M. Lomoff, ancien président du €. S. E. N., n° 72 de E. J., mai

recu

un délai de quelques jours. Tout naturellement, ils transformaient cette monnaie en marchandises pour se couvrir contre la dépréciation rapide des signes monétaires. Ainsi se trouva dissimulée l'approche de la crise de surproduction dans la Russie mendiante. À mesure cependant que les trusts ressentaient le besoin inverse de transformer leurs marchandises en roubles, l'écoulement des produits devenait de plus en plus difficile » (4).

Seul, le commerce privé aurait pu soutenir le développement de l'industrie en organisant un écoulement régulier des produits dans les campagnes, s’il n'avait pas été surchargé d'impôts et soumis à toutes sortes de vexations de la part de l'Administration (2).

L'industrie se trouva ainsi dans la nécessité de réduire méthodiquement sa production ou de travailler pour l’exportation.

« Les trusts dont l'activité n'était pas indispensable durent être réduits; une partie de leurs entreprises fut arrêtée et leur capital de roulement reporté sur d’autres... Des objets manufacturés furent, en outre, exportés aux États Baltes, en particulier, afin de permettre l'acquisition des denrées alimentaires nécessaires à la population » (3).

Cette crise de surproduction industrielle dans un pays dépourvu de tous les produits indispensables paraît une ano-

(1) M. Lomoff, ancien président du C. S. E. N., n° 72 de E. J., mai 1922.

(2) E. J., 5 novembre 1922. Le nombre des marchands enregistrés diminue : de 16.212 en avril à Moscou, ils ne sont plus que 10.230 en septembre.

(3) Lomofr.

malie. Elle s'explique cependant assez facilement. Par l'établissement, en effet, du régime de la Prodrazverstcka et l’émission incessante de papier monnaie, la population rurale s’est trouvée en 1921 dans le même état de dénuement que la population urbaine. Forcée par suite de la mauvaise récolte de conserver pour son entretien les quelques produits agricoles récoltés et sauvés des réquisitions, elle ne posséda pas à son tour de monnaie d'échange pour l’obtention de produits industriels (1).

Ayant eu le tort, à ce moment, de ne pas abandonner la direction du commerce intérieur, le Gouvernement se basa pour la fixation des prix sur les situations respectives de l’agriculture et de l’industrie, sans tenir compte du manque d’élasticité des besoins alimentaires. Il fixa ainsi des équivalents trois fois plus avantageux qu'en 1913 pour les produits industriels dont la production avait baissé 4 à 5 fois plus que celle de l’agriculture par rapport à la période d’avant-guerre.

Comme ce coefficient était interverti au profit des céréales (2) sur le marché libre, le paysan s’abstint d’échanger ses produits avec le Gouvernement qui parvint seulement à recueillir 8 millions de pouds de froment par l'intermédiaire des coopératives.

(1) [l'est certain qu’on ne peut guère parler de stabilisation de monnaie et de puissance d’achat de la population rurale dans un pays où on en est arrivé à manger de la chair humaine et à la vendre au marché comme dans les gouvernements de Samaro et de Saratoff (rapport financier au 2e Congrès des Soviets, 1923).

(2) Lorsque le commerçant privé donnait une faux pour un poud de blé, les coopératives, par ordre, la donnaient seulement pour deux pouds.

Le ravitaillement de la population se trouva ainsi à la merci de la spéculation. Le prix des céréales subit, en particulier, à Moscou une hausse de 85 0/0 au mois de février 4922 par rapport au mois d'octobre précédent.

Variations des équivalents en farine de seigle offerts sur le marché libre en échange de certains produits fabriqués du 1° novembre 1921 au 1°" mars 1922.

(E. J., no 67, 105 de 22).

1er NOV. 1er DÉC. 1 JANV. le FÉVR. le MARS 1921. 1991, 1922. 1922. 1922.

Pétrole, la livre. 1,50 1,48 1,41 0,80 0,40 Savon, la livre. 2,80 2,60 2,10 2,00 1,90 Allumettes, la bpiibeses nt 0,32 0,27 0,20 0,07 0,05 Bottes, la paire. 117,00 108,00 94,00 83,30 81,90 Tissus de laïne, l’archine..... 32,00 36,00 31,00 24,80 20,70 Indienne, l’arch. 4,40 4,00 3,80 3,20 2,60

Ces prix en rendirent l'acquisition presque impossible par la population urbaine et l'empêchèrent d'acheter les produits industriels en la forçant de consacrer toutes ses ressources à son alimentation. De simple défaut d’approvisionnement alimentaire, la crise se transforma en crise de surproduction industrielle. Face à face avec le marché libre, la grande industrie ne trouva plus d'acheteurs. Elle accumula des stocks au moment où s’élevèrent ses frais d’exploitation en raison de l'augmentation du coût de la main-d'œuvre consécutive à ce renchérissement des produits alimentaires.

À Pétrograd, les salaires ont ainsi augmenté de novembre 1991 à avril 1922 dans la proportion de 1, 2, 6, 40, 80. Pen-

dant le même laps de temps, le prix de vente des objets manufacturés progressa seulement de 1, 2, 5, 15, 30, 35 (1).

Les entreprises d'État mises sur « pied commercial » se trouvèrent ainsi placées devant un problème insoluble et furent acculées à la faillite comme les établissements privés. Ne parvenant pas à supporter la hausse des salaires, le trust « polygraphique » de Pétrograd, en particulier, sollicita en juin 1922 sa réadmission au ravitaillement gouvernemental.

Pour obtenir un soulagement immédiat, mais temporaire, de cette crise de surproduction, le Gouvernement réduisit l’activité de ses usines en fermant un certain nombre d’établissements. Il se produisit un nouveau resserrement de l’activité économique du pays qui se répercuta jusqu’à l’agriculture. Ne pouvant, en effet, s'effectuer strictement au niveau de la demande, cette réduction de la productivité industrielle lésa l’approvisionnement en produits manufacturés des quelques couches paysan-

nes encore à leur aise.

(1) E. J., n° 104 du 9 mai 1922.

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