ARS
renversé. La Nation française y perdit beaucoup; tout fut saccagé, l'hôpital des Trinitaires, l'hospice des Capucins, le Fondouk lui-même avec la chapelle Saint-Louis et les archives.
Mohammed au pouvoir appela notre Consul de Sulauze pour lui affirmer ses excellentes dispositions pour les Français, mais Mohammed mourut peu après en 1759 et son frère Ali lui succéda. Ce souverain très intelligent fut pendant tout son règne un chaud partisan de l'entente franco-lunisienne et des progrès de la civilisation dans son pays. Il consentit à construire à ses frais un hôpital et une église pour les missionnaires capucins, et tançait toujours les pirates qui avaient trahi l'amitié du roi de France. Sous son gouvernement, le commerce, qui avait été réduit à un état lamentable après l'invasion algérienne avantMohammed prit peu à peu un développement considérable. De Saizieu, notre consul alors, homme remarquable, avait conclu avec le Bey, dont il avait su se faire un ami, une convention en 1765 qui empéchait les corsaires marocains de trouver asile ou à vendre leur butin dans aucun port de Tunisie, et un traité du 14 mars 1768, avantageux pour la compagnie d'Afrique. Le Cap Nègre était abandonné, mais nos colons pouvaient établir leur exploitation dans un autre port, à Bizerte. Le privilège de la pêche et du commerce était fixé à deux ans, avec renouvellement à notre seul consentement. Les deux ans écoulés, on voulut nous retirer ces privilèges, ce fut une des causes des nouvelles hostilités de 1770 ajoutée à ce que le Bey prétendait légitimer les prises effectuées sur les Corses, récemment annexés à la France, comme n'étant pas Français; malgré la cor-