CHAPITRE III. — LE COMMERCE GÉNÉRAL DE L'ALGÉRIE
Il n’est pas sans intérêt, avant de clore cette partie de notre étude d’examiner le mouvement du commerce général de l’Algérie .de 1900 à 1925.
L'écart entre les constatations afférentes d’une part, ‘au commerce général, d’autre part au commerce spécial représente essentiellement la valeur des marchandises d’entrepôt et de transit. Il est, en Algérie, peu sensible ne dépassant pas habituellement, dans l’ensemble, 10 p. % du total au commerce général.
$ 197. — Le transit algérien. — Les opérations de transit concernent presque exclusivement les envois dirigés de nos ports, et particulièrement du port d'Oran, sur les Oasis Sahariennes et le Maroc.
Parmi les différentes mesures administratives tendant à assurer au commerce français, parallèlement à la progression de notre influence politique dans l’Ouest et dans le Sud : Algérien le bénéfice de débouchés nouveaux, on doit retenir la réglementation du transit en franchise, à travers l’Algérie, des principales denrées absorbées par les populations marocaine et saharienne. Le principe de cette innovation avait été posé par la loi de fmances du 16 avril 1895 dans son article 15 ainsi conçu :( Un règlement d’administration publique déterminera les catégories de marchandises susceptibles d’être expédiées en exemption des droits de douane et d’octroi de mer des ports d’Algérie à destination du territoire soumis au régime des Douanes et de . l’octroi de mer».
Le législateur avait en vue d’assurer au commerce national des débouchés nouveaux, jusque là ouverts seulement aux trafiquants établis en Tunisie et en
Tripolitaine. De nombreux décrets ont fixé les détails et étendu la sphère d’application du nouveau régime (1).
Ainsi organisé, à travers le territoire algérien, ce transit a rendu déjà des services appréciables tant au commerce français qu'aux centres de consommation au ravitaillement desquels il a contribué de la plus heureuse facon (2).
Témoins les chiffres suivants, quiexpriment en quintaux métriques les quantités des principaux articles ayant alimenté depuis 1902, ce courant spécial d’échanges, qui intéresse surtout la prospérité de réseau ferroviaire, des compagnies de transports et du commerce de transit de la province oranaise.
Huiles | Tissus Années] Sucres Cafés Thé miné- de rales coton
Valeur totale du
transit
Quintaux métriques
1902. 24.638 | 981! 226|. 14! » 749.000 fr.
(1) Voir leur énumération, page 86.
(2) Nous reviendrons, dans la quatrième partie, sur la question du transit international à destination du Maroc,
$ 2. — Entrépôts. — Le mouvement des entrepôts de l’Algérie est essentiellement alimenté par les houilles et les combustibles minéraux, ainsi que par les tabacs mis en œuvre dans les entrepôts spéciaux, créés par décision du Gouverneur général, du 5 avril 1902 (1), pour favoriser le placement des produits de la culture indigène sur les marchés étrangers et qui ont contribué au développement d’une industrie aujourd’hui très prospère.
Ces établissements (il n’en existe actuellement qu’à Alger et Oran) sont placés sous l’exercice permanent du service des Douanes. Ils reçoivent, en franchise de droits d’entrée, des tabacs en feuilles d’origine étrangère qui sont mélangés à des tabacs en feuilles algériens et transformés en produits manufacturés : cigares, cigarettes et tabac haché. Les produits fabriqués dans
ces entrepôts sont exclusivement destinés à la réex-.
portation.
Il nous a paru particulièrement intéressant de relever la part qui revient à la culture algérienne dans les tabacs mis en œuvre dans ces entrepôts. Tel est l’objet de la statistique suivante relative aux années 1922 à 1924 :
Ÿ Quintaux métriques Tabaes étran-
Tabacs gers admis en en feuilles mis| franchise de en œuvre FOIS 11.618 70,820 51.641 dans les entrepôts Tabacs indigènes, :...,, 1.876 4,613 4,757
(1) La légalité de ces entrepôts qui pouvait être contestée autrefois, ne saurait être discutée depuis la loi du 20 décembre 1917 qui autorise la création, par voie de simples arrêtés, d’entrepôts spéciaux,
2 ad ES
Quant aux quantités réexportées par les manufactures de tabacs travaillant sous le régime de l’entrepôt réel spécial, elles s’établissent ainsi qu’il suit :