CONCLUSION
des théories généreuses énoncées par les réformateurs français ou encore de la critique formidable faite du régime moderne par Karl Marx. La politique économique de la Russie, c'est la réalisation de cet idéal d'un Etat essentiellement policier et se mêlant de tout, que le publiciste prussien Stahl avait préconisé dans la première moitié du siècle et que Gneist modernisa en déclarant que le monarque est l'arbitre naturel entre les classes, celui qui les préserve d'un conflit fratricide (Retter der Gesellschaft von dem Klassen-Kampfo).
La misère du paysan russe, réduit à la nécessité de se déplacer périodiquement à la recherche d'un travail qui le fasse vivre, ou encore à transporter son domicile dans les steppes et les forêts de la Sibérie, le salaire insuffisant et le labeur excessif de l'ouvrier de nos fabriques, la ruine progressive de nos propriétaires fonciers, petits et moyens, permettent déjuger des effets économiques de ce système.
Quant à d'autres points de vue, que je ne tiens point à envisager ici, jen'aipas besoin de dire que son triomphe équivaut à la suppression de l'esprit d'initiative individuelle et à l'abrutissement progressif des masses populaires sous une tutelle constante et méticuleuse qui règle leur façon de penser aussi bien que leur façon d'agir. Car quelle est la sphère dans laquelle on pourrait se mouvoir sans crainte d'enfreindre les règlements et d'encourir les peines édictées par la loi et les décrets ? Peut-on fournir sa bibliothèque des livres de son choix? Non, la censure y veille. Peut-on enseigner à lire et à écrire au peuple ? Non, car il faut pour cela une autorisation préalable et qu'on n'accorde qu'à des gens bien pensants. Peut-on prêtera ceux qui fréquentent les écoles des revues, môme celles qui circulent librement au sein de l'Empire ? Non, car le ministère de l'instruction a dressé un nouveau reyister librorio)! prolùhito-