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CHAPITRE PREMIER

I était difficile au lendemain de la prise d'Alger, en présence d’un ennemi toujours menaçant, d’improviser dans nos nouvelles possessions une organisation financière complète. IL fallait d’abord faire face à des nécessités plus pressantes, consolider partout notre influence, avant de songer à imposer au peuple vaincu, si loin de nos mœurs et de notre civilisation, nos lois et nos usages.

Nous ne trouvions, d'autre part, aucune uniformité, aucune règle précise dans les moyens employés par le Dey pour percevoir les revenus et faire face aux dépenses de son gouvernement.

Dans ces conditions, une certaine confusion devait inévitablement régner dans les débuts; aussi, la législation budgétaire algérienne, avant d’arriver à sa forme actuelle, qui n’a rien encore de définitif, a subi des phases bien diverses. Le budget métropolitain, injustement chargé au début de certains services essentiellement locaux qui ne lui incombaient nullement, s’en est dégagé peu à peu. Alors que le Trésor prenait d’abord à sa charge toutes les dépenses non qualifiées municipales, nous le verrons se décharger successivement, au fur et à mesure que le lui permettront les progrès de l’organisation administrative, des services coloniaux, puis des services qualifiés services

locaux et services municipaux, ces mêmes services locaux devant devenir par la suite des services provinciaux et se diviser enfin en services départementaux.

De même, le système d'impôts n’a pu être régularisé que peu à peu. Dans Pintérêt de Pavenir, on a dû se montrer d’abord modéré dans les taxes, parce qu’il fallait créer la fortune particulière avant de lui demander de fournir une part à l’acquittement des dépenses publiques. Les impôts ont été pour la plupart établis graduellement, souvent modifiés d’après les conseils de l'expérience; ils se sont naturellement accrus en même temps que progressaient les dépenses, ce qui permettait au général Bugeaud de dire en 1842 : « C’est un système large qui ménage avec soin la colonie naissante pour qu’elle arrive plus vite et plus sûrement à la virilité et à la force”. »

La comptabilité enfin a subi une évolution identique. Forcément obscure et incomplète dans les premiers temps, elle a fini par être soumise, elle aussi, à des règles stables et précises.

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