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INTRODUCTION

ployé la totalité de ses ressources à l’achat de ses terres et de ses instruments de culture; il est cruel de lui enlever les premiers fruits, généralement assez faibles, de son travail; souvent on l’empêche ainsi de compléter son outillage et l’on nuit à la culture en amoindrissant la matière imposable. Les droits d'enregistrement ne sauraient être également trop modérés pour n’entraver en rien la facilité des transactions; il est parfois très utile, en effet, que les terres changent souvent de main, car s’il est des colons habiles à défricher le sol, il en est d’autres qui n’aiment et ne s'entendent à prendre les terres qu'après ce premier travail de préparation et qui savent alors admirablement les améliorer. Mais la ressource la plus naturelle à une colonie, pour modérée qu’elle soit, c’est la vente des terres domaniales.

L'établissement d’un régime douanier bien compris est aussi, pour une jeune colonie, d’une très grande importance : il le faut hibéral, ne contenant ni taxes vexatoires, ni droits prohibitifs. Enfin, une autre face de l'étude des conditions financières nécessaires au développement d’une colonie est celle du loyer des capitaux; les régions nouvelles ne sont susceptibles de prospérer, en effet, que si les colons peuvent se procurer les capitaux indispensables pour la mise en valeur de leurs richesses. Or, l’argent est naturellement plus cher dans un pays neuf que dans un pays vieux ; mais ce n’est pas la seule infériorité des colonies ; elle consiste encore en ce que la branche d'industrie, qui a pour objet de recueillir les capitaux momentanément oisifs pour les placer dans des mains productives, y est beaucoup moins développée que dans la mère-patrie. C’est au Gouvernement de faire les réformes et de créer les institutions nécessaires.

l LE RÉGIME FINANCIER DE L'ALGÉRIE.

D'une façon générale, on peut dire que tout ce qui peut donner à la propriété des garanties solides est indispensable aux colonies nouvelles, car si la propriété n’y est pas parfaitement à l’abri de toute contestation injuste, le défrichement ne fera aucun progrès. Le seul moyen d’arriver à cette sécurité complète, c’est d’organiser parfaitement les services de l’enregistrement et des hypothèques.

Lorsqu'une colonie sagement administrée est enfin entrée dans une ère de prospérité, avec des ressources qui s’accroissent chaque année, la métropole est tentée de diminuer ses subventions, de les supprimer même, pour ensuite chercher dans des taxations nouvelles la compensation de ses longs sacrifices. On ne saurait choisir de plus mauvais moment pour restreindre les dépenses publiques ou même en arrêter l'accroissement, car la fortune de la mère-patrie est intimement liée à la prospérité de ses colonies. « Ce n’est pas, en effet, dit M. Leroy-Beaulieu , sous la forme d’excédent de revenu versé au Trésor qu'une colonie rend à la métropole ce qu’elle lui a coûté ; c’est par l’activité qu’elle donne au commerce et à lindustrie de la mère-patrie, par les profits et les salaires qu’elle fournit aux fabricants et aux ouvriers métropolitains, par les produits nouveaux, meilleurs ou moins chers, qu’elle offre aux consommateurs de la métropole ; par le champ d’emploi qu’elle ouvre aux capitaux et aux citoyens, par la propagation de la langue et des mœurs de la mère-paitrie, par lélargissement de l'horizon intellectuel de la nation. »

1, P. Leroy-Beauueu, La Colonisation chez les peuples modernes.

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