Dépôt, 3 février. Gros Bois, 1798, B
désire vivement rester en bonne intelligence avec Naples^, et il répond fort aimablement au chevalier d'Azara'-, qui lui a demandé des renseignements sur sa juridiction d'ambassadeur et sur la situation des Espagnols. C'est bien là ce qu'on demande au Luxembourg, « inspirer l'épouvante » et « cherchera faire fuir-^ ». Pour rester fidèle au même programme, il accueille à Terni l'ambassade de Belmonte et l'assure que la France se contentera de solennelles excuses^; mais il refuse tout net de recevoir l'ambassade du Pape, se réservant de faire connaître à Rome même les exigences du Directoire. Et, le 8, il pousse sur Cività Gastellana, d'oii il lance une énigmatique proclamation : l'armée française est l'amie du peuple, qui n'a rien à craindre; elle ne connaît d'autres ennemis que le gouvernement papal '". Le 9, il établit son quartier général à la Storta, tout près de la Veïes antique, tandis que son avantgarde, le soir du même jour, s'installe au Monte-Mario et occupe au Ponte-Molle la plaine où Constantin a gagné l'empire, l'Eglise conquis l'empereur et où elle va perdre maintenant son royaume temporel. Bcrtbier mande à son camp le chevalier d'Azara, qui se trouve à Tivoli et qui vient de recevoir de sa cour l'ordre de tout tenter afin de sauver Pie VI et l'état romain^ : sans rien lui révéler de ses projets ultérieurs, Berthier l'invite à faire savoir à Rome qu'il est disposé aujourd'hui à dicter ses conditions. Le prince Giustiniani et le prince Gabrielli se rendent donc auprès de lui^, et