Muscati à Berthier, 10 février (Dépôt
comme Piranosi a fait planter sur la place d'Espagne un bel arbre de la liberté, coiffé d'un bonnet rouge' et qu'un certain Catarini a suivi son exemple place du Peuple, il donne des ordres pour que la garde civique les arrache tous deux, ajoutant qu'en cas de besoin elle doit faire feu et l'appeler à l'aide'-. — Le même jour, du reste, ainsi qu'il l'a demandé et qu'il a été convenu, l'ancienne congrégation d'état est dissoute ; une nouvelle est formée, qui se compose de LL. EE. Antonelli, Antici, Gius. Doria, du prince Spada, de l'avocat consistorialRiganti, avocat du peuple romain, et de M^"" Costantini, avocat des pauvres*^. L'avant-veille, le 9, le Pape a lancé une proclamation ordonnant d'accueillir partout les Français comme des frères'*.
11 semble que tout soit terminé et la paix rétablie : la convention du 19 février, réglant l'affaire du 28 décembre, n'est pas seulement signée ; elle est encore exécutée par les deux parties ; le prince de Belmonte peut se réjouir et le chevalier d'Azara se consoler : l'armée française est venue venger Duphot, mais non renverser le Pape.
Cependant, trois jours s'écoulent... Et voici que, le jeudi 15 février, le Pape est chassé et la République romaine solennellement proclamée. Berthier écrit aussitôt au ministre des Relations extérieures ■' : <( L'esprit de liberté se développait à Rome depuis l'arrivée de mes troupes; « j'attendais au milieu de mon armée les « résultats de cette fermentation, laissant aux opinions
1. Sala, I, 15. Cf. Mem.Stor., 200. L'arbre de la place d'Espagne aurait été planté par le Napolitain Gafîaro ; celui de la place du Peuple i)ar le « curial romain » Marcello Ercolani ; un troisième aurait été planté aussi au Capitolepar le Maltais Klia Paca.
?. Sala, 1, IG-17.