‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 108 sur 579 · Corr... Panckouke, IV, ô · texte numérisé non relu

Corr... Panckouke, IV, ô

3. Le même jour, il se plaint au Directoire que le peuple soit passif et qu'il n'y ait à Rome aucun germe de révolution.

4. Pendant sa marche, Berthier s'abouchait avec les jacobins (Consalvi, 342). 5i Gros Bois, 1798, B.2Û.

ment s'ils seront efficacement soutenus; malgré les efforts du P. Alfieri, les Trasteverins restent fidèles à Pie VI; la multiplication des patrouilles et la fuite des jacobins rendent très malaisée l'organisation des émeutes.

Le peuple ne fait donc aucun effort pour conquérir la liberté. Mais, comme les ordres du Directoire sont formols, comme il faut absolument qu'une République s'établisse à Rome, Berthier agit en conséquence. « Je « me suis occupé, écrit-il le 15, d'organiser un mouve- « ment populaire dont le but était de me faire deman- (c der la liberté. Avant hier, je reçus votre dépêche « du 12 pluviôse, et je pressai le mouvement... »

Ce fut Bassal ' qui l'organisa. L'ancien curé constitutionnel de Notre-Dame de Paris, l'ancien président de la Société des jacobins, venait de reparaître en scène comme entrepreneur de révolutions : il avait naguère essayé ses talents du côté du Jura, préparant cette république que Garnot imaginait de loger dans la Souabe et le Brisgau; on le retrouve plus tard mettant à profit son expérience pour organiser la République napolitaine ; aujourd'hui, c'est la République romaine, qu'il construit, à la plus grande gloire des Directeurs, au plus grand profit de ses héritiers. Il rencontre dans la personne de Ccrvoni un précieux auxiliaire : celui-ci a vécu plusieurs années à Rome, au Collège romain, où il a même eu l'honneur de recevoir la médaille d'or des mains du cardinal Zélada^; il y a trouvé des relations, il y a fait des amis. Avec lui, à côté de lui, s'agitent deux pauvres de la Mère de Dieu, clercs réguliers, voués à l'éducation de la jeunesse, que

1. Bassal (1750-1802). L'amitié de Marat, qu'il recueillit dans son presbytère lorsque La Favette le traquait en 1790 ; de Berthier, qui l'avait connu à Versailles, desservant de la paroisse Saint-Louis ; de Ghampionnet, avec lequel il se lia durant sa mission dans l'Est (celui-là n'étant encore que chef de bataillon des volontaires de la Drôme); ces trois faits expliquent sa fortune politique. Ce n'était du reste pas un méchant homme; il lit nourrir par sa servante un prêtre réfractaire qu'il ne connaissait pas et qui logeait au-dessus de lui; il fut traduit devant le Tribunal révolutionnaire pour cause de inodérantisme.'

d02 LA NAISSANCE DE LA RÉPUBLIQUE ROMAINE

l'on désigne couramment par le mot de Scolopi^ : ce sont Gagliuffi et Lamprcdi, rhéteurs intarrissables en vers et en prose. Riganti se joint à eux, ainsi que Gostantini, Bonelli, Gorona, Benzi : dans les rues, dans les cafés, dans les maisons, ils font une propagande enthousiaste en faveur de la République'-.

Gomme Berthier exige une pétition couverte de signatures nombreuses, ils arrêtent les passants, leur persuadent que c'est le Pape lui-même qui a appelé les Français, qu'il n'a d'autre désir que de leur remettre le pouvoir, qu'il obéit ainsi à l'esprit de l'Evangile. Et ils entraînent les indécis, non plus au café de Giorgio Gogilla, ori Beschattini a commencé de répandre la bonne parole, mais chez Pierelli et chez Bonelli ; et ils achèvent de les endoctriner, mêlant à des idées aussi vagues que généreuses les mensonges, les séductions et les menaces. Le 14 février, les jacobins forment déjà une petite troupe ; ils vont la passer en revue sous les fenêtres de Berthier, au Casino du prince Poniatovvski, où il vient de s'établir. Le médecin napolitain del Monaco se fait introduire auprès de lui, comme il se met à table, et lui demande la liberté au nom du peuple romain-': et sa requête est interrompue par les cris répétés de Liberté!... Liberté!... Berthier est convaincu : Rome désire être délivrée ; elle le sera.

11 corrige donc un projet d'adresse que les patriotes lui ont soumis et qui servira de manifeste à la nouvelle république^ ; il met en môme temps la dernière main aux préparatifs militaires, grâce auxquels les jacobins pourront, sans péril, accomplir leur coup de main et asseoir leur régime. Le 12 février, les troupes de ligne pontificales sont désarmées par Murat^; la veille, on voyait déjà des groupes de dragons sortir de Rome

1. « Scole pie ». Celle congrégalion a élé fondée par saint Joseph Calasanz.

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