Gros Bois, 1798, B. 3û
par la porte Pia, sonnant de la trompette comme s'ils partaient en guerre : ils rentraient dans leurs foyers. Le même jour, on s'assure des hommes dangereux, qui seraient capables de résister à « la volonté du « peuple^). M^"" Grivelli, le gouverneur de Rome, M''"" Consalvi, l'assesseur de la congrégation militaire, le général Gandini, commandant en chef des troupes, sont arrêtés chez eux^ En môme temps, Gervoni distribue à chacun son poste, en cas de mouvement populaire : Mireur garde les hauteurs du Pincio et de la villa Borghôse depuis le Tibre jusqu'à la voie Salara; il doit tenir en réserve dans la villa, en cas d'imprévu, la 61" demi-brigade, deux escadrons de chasseurs et deux pièces de canon-; Viau, remplacé par Belliard le 13 -^ occupe les Monti, le Celius et l'Aventin, de la porte Salara jusqu'à la porte Saint-Paul ; et Mouton, enfermé au château avec un bataillon, surveillera la rive droite du Tibre, le Trastevere comme le Borgo ; sur le Quirinal enfin. Murât se tient en permanence à la tête du 1" hussards '% pour sabrer les mauvaises têtes, comme il fera plus tard, à Madrid, avec les Mameluks de la garde ; et Dallemagne, avec le gros des troupes, occupe le camp de Ponte-Molle.
Le 13 et le 14 se passent dans l'attente; on s'assure si chacun est à son poste, si chacun connaît son devoir. Le 14, on opère une perquisition chez le D"" Massimi, dont on sait les relations avec les Anglais; on en acquiert la preuve^ sans découvrir toutefois aucun papier important. Il n'importe; on fait croire ainsi que les ennemis de la France préparent quelque complot; aux yeux des naïfs, c'est-à-dire de la foule immense, Berthier paraît user du droit de légitime défense en renversant le 15 le gouvernement qu'il a reconnu le 10;