MOUVEMENT ARTISTIQUE
route de Sezza à Terracine ; c'est la fameuse Lima Pia. Cette œuvre particulière ne l'empêchait pas de subvenir aux besoins de l'Etat tout entier. L'édit du 30 avril 1786 établit un règlement douanier ^ dont l'objet était de protéger l'industrie locale, seule ressource des pauvres gens. Il revenait à la politique protectionniste de Clément XI (édit du 9 mai 1735) et de Clément XII (15 mars 1738); il se conformait aux résultats de l'enquête que, sur l'ordre de Clément XIII, du 16 mai au 27 novembre 1768, avait conduite un financier milanais 2; il réglementait l'exportation des matières premières et prohibait, ou peu s'en faut, l'importation des tissus de soie, de laine, de fil et de chanvre. En même temps il songeait à supprimer les fermes et à établir l'impôt foncier, d'après le cadastre prescrit en 1777 •^.
Ces réformes économiques n'absorbaient pas son activité; il s'occupait encore de promouvoir dans ses Etats le mouvement artistique et scientifique. La sacristie de Saint-Pierre était construite; le musée qui devait plus tard s'appeler le musée Pio-Clementino était fondé. Il protégeait Ganova, qui, imitateur consciencieux de l'antique, réagissait contre le style baroque et demandait, aux applaudissements de Milizia, plus de simplicité dans les mouvements et plus de vérité dans les formes; au conseil, Canova joignait l'exemple et sculptait pour l'église des Saints-Apôtres le mausolée de Ganganelli. Les hommes de lettres n'étaient pas moins bien accueillis que les artistes'^. Monti célébrait la gloire du pontife qui aimait à se montrer protecteur des études; il se liait d'amitié avec Alessandro Verri, qui avait reconnu en lui l'auteur anonyme des Nuits, inspirées par la découverte du tombeau des Scipions (1780). Verri lui-même assistait à la représentation