Sala, 23 février, I
FÉVRIER nos 117
nations en guerre avec la France^ On ne s'en tint pas là : on voulait faire argent de tout. Le Vatican fut littéralement mis à sac : Haller, entouré de treize de ses agents, enleva les mobiliers, les argenteries, les ornements sacrés, les chasubles avec les fauteuils, les ciboires avec les carosses; il entrait dans la chambre particulière du Pape, avisait une cassette sur sa table, l'ouvrait, y trouvait non des diamants, mais des gâteaux et se consolait de sa déconvenue en les mangeant. Le joui où Pie VI partait, le commissaire Rolland lui permettait ^ d'emporter quelque argenterie laissée au palais par mégarde, ainsi que les ornements de sa chapelle : survenaient d'autres agents qui confisquaient tout. La bibliothèque particulière du Pape comptait 40.000 volumes : on en prenait 1.000 pour le gouvernement, et l'on vendait le reste à des Napolitains et à des Juifs •''. Peut-être les murs silencieux de ce palais étrange cachaient-ils des trésors : Haller faisait venir pour les explorer les maîtres maçons Valenti et Lorattl '*. Après le Vatican, ce fut le tour des Monts-de-Piété, des banques^ et des églises : d'abord Saint-Antoine, l'église portugaise, à laquelle on faisait, le 20, une fructueuse visite"; puis Saint-Thomas, l'église anglaise^; puis l'église impériale de Santa Maria dell' xVnima, tout près' de la Pace, dans cet adorable coin de Rome où semble flotter encore l'atmosphère de Sixte IV, de Sangallo et de Raphaël^; enfin les églises de nos alliés, les églises espagnoles du Montserrat et de Saint-Jacques ; et, comme M*-'*" Strasoido, prévoyant la visite des agents français, avait emporté quelque argenterie dans sa demeure, il était contraint de la rendre-'.