LE PÉRIL AUTRICHIEN
Le plan de H aller était exécuté sur tous les points.
Si Berthier n'avait rien fait pour en régulariser l'accomplissement ;• s'il était à ce point obligé de souscrire aux opérations plus fructueuses qu'honnêtes de l'administrateur général des finances, c'est que, sans aucun doute, il en avait besoin pour son armée de Rome; c'est aussi qu'en commandant cette armée il n'avait pas cessé de commander l'armée d'Italie ; c'est que c'était au profit de celle-ci qu'avait été organisée l'expédition de celle-là : « La solde arriérée de Vannée « d'Italie^ écrit Berthier le 19 février^, doit être payée (( sur V argent que ton tire de Rome. »
Le 4 mars, en route de Rome à Parme, il écrivait à Bassal" : « Ma présence était bien nécessaire à l'armée « d'Italie; r....tion3 élait complète; mais je réponds « de tout. » On connaissait, du reste, cette situation à Paris, et l'on se reposait sur Berthier : « Restez oii vous « êtes jusqu'à l'arrivée de votre successeur», lui écrivait Schérer, le 8 mars''. La question militaire était alors compliquée d'une question politique, et surtout d'une terrible crise fiscale : Berthier avait à maîtriser à la fois l'Autriche, la Cisalpine et ses propres troupes. Le congrès de Rastadt venait de s'ouvrir : c'est dire que les équivoques se perpétuaient entre France et Autriche, celle-ci voulant acquérir l'Italie en compensation de la Belgique, celle-là ne voulant céder, pour le prix de la Belgique et du Rhin, que les princes sécularisés. Une rupture était toujours à prévoir : pour qu'elle ne fût pas à craindre, il fallait que l'on se tînt prêt, sur l'Adige comme sur le Rhin. Or, sur l'Adige du moins, on n'était plus en mesure de combattre, l'armée d'Italie se trouvant dispersée maintenant de Mantoue à Toulon et à Rome; on le savait si bien à Paris que, le 6 février, on
\. Berthier à Masséna, \ ventôse. Dépôt, 19 février. De même, sur 1.500 chevaux réquisitionnés à Rome, il y en a 1.500 pour l'armée d'Italie.