CHAPITRE III
LA RÉVOLTE DE l'aRMÉE DE ROME
Berthier comptait, comme son état-major, sans les troupes de l'armée de Rome : leur révolte allait singulièrement troubler les premiers jours de la République romaine.
Le lendemain même de la cérémonie célébrée en l'honneur de Daphot samedi, 24 février [6 ventôse], la garnison de Rome était passée en revue sur la place Colonna, écrasée alors entre le palais de Piombino et les maisons que décore aujourd'hui l'exquise colonnade de Véïes. Les demi-brigades révolutionnaires défilaient devant leur nouveau général en chef et devant les commissaires civils, arrivés, ceux-ci la veille et celuilà trois jours avant^ : elles défilaient, superbes et sombres, dans leurs tuniques en loques et leurs souliers percés, aux regards étonnés des Marcomans qui montent autour de la colonne de Marc-Aurèle, comme pour déposer leurs armes aux pieds de Saint-Paul ; et le peuple de Rome, indifférent, les regardait passer.
1. Mass('na était arrivé à Rome, le mardi 20 février. Vial aux consuls, 2 ventôse (Archirio. 'M). Berthier àTavllerand, 2 ventôse. « J'ai remis le commandement au général Masséna (Aff. e'trang. Corr., Rome). Cervoni avise le peui)le et l'armée de l'arrivée de Masséna, le 18 février (Colle:ione, I, 38). Le 22, Vial, commandant delà place de Rome, demandait pour lui au gouvernement provisoire des ordonnances ou domestiques {Archivio,itO).