‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 132 sur 579 · LA RÉUNION DE LA ROTONDE · texte numérisé non relu

LA RÉUNION DE LA ROTONDE

Gomme la parole prend fin, les officiers se forment par groupes et descendent au Panthéon d'Agrippa, consacré depuis douze siècles à Sainte-Marie-des- Martyrs^ ; ce sont des sous-lieutenants, des lieutenants, des capitaines : aucun officier supérieur parmi eux; ils appartiennent à tous les corps de la garnison; ils paraissent se presser surtout autour du capitaine Pion, de la 61% et du capitaine Dutoya, de la 30"-. Arrivés dans l'église, ils font ôter le Saint-Sacrement avant de se mettre à délibérer; ils se plaignent des pillages qui se commettent chaque jour dans la ville et qui les déshonorent; ils sont outrés du luxe que déploient certains généraux, — tel le général Rey, qui donnait une grande fête au palais Sciarra, dans la nuit du 19 au 20, — et qui insulte à leur misère : depuis combien de mois ont-ils touché leur solde? Nul besoin de demander oii va l'argent qu'on recueille dans les palais, qu'on arrache jusque dans les églises des alliés de la France^ : il va payer les folies que font tous les « chapeaux brodés'*». Et le pillage s'accroît; sans doute, il va s'accroître encore : voici venir le dévastateur <le Padoue. Masséna vient d'arriver ; chacun admire le coup d'œil et la fermeté du héros de Rivoli, de celui qui s'illustrera bientôt à Zurich et à Gênes, et aussi, quelques années plus tard, à Essling et à Fuentès d'Ofioro. Mais aussi chacun déplore les faiblesses de son caractère : c'est déjà l'homme qui disait un jour au général Lamarque ' :

1. VersGOO. Le Panthéon était alors, comme aujourd'hui, appelé communémenla Rotonde, en raison de sa forme ronde, qu'il doit à une reconslructi<in par tielle de l'époque d'Adrien.

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