‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 134 sur 579 · NAISSANCE DE LA RÉBELLION · texte numérisé non relu

NAISSANCE DE LA RÉBELLION

est descendu au palais Ruspoli, sur le Corso. Masséna est furieux : et comment ne le serait-il pas? Il arrive à peine ; il s'est enquis des besoins de l'armée ; il travaille à y pourvoir : il veille à ce que les réquisitions se lassent avec régularité, et voici que, sans lui faire crédit d'une semaine, l'armée méconnaît ses devoirs et s'insurge contre lui I II ne peut accepter ses ordres : la discipline le lui défend ; il ne veut pas écouter les commissaires civils : arrivés d'hier, que peuvent-ils connaître à la situation de Rome? C'est en vain qu'ils lui proposent deux arrêtés, afin de faire cesser « toute « déprédation, toute spoliation des propriétés publiques « et particulières»; quoique Berthier les ait ratifiés^, il les rejette; il entend agir à sa guise; et, comme il n'a nul besoin des lumières de Florent, de Daunou ni de Monge, il n'a que faire, non plus, des « pétitions » qu'on lui prépare à la Rotonde. Il y envoie cette fois-ci l'adjudant général Léopold Berthier, chef de l'étatmajor général provisoire; par deux fois, celui-ci donne aux officiers l'ordre de se dissoudre; et ceux-ci lui répondent à deux reprises «qu'ils n'en feront rien, qu'ils « vont rédiger leurs réclamations et qu'ils ne désem- « pareront pas qu'on ait fait droit à leurs demandes- ». La colère de Masséna redouble à cette nouvelle, mais il déclare qu'il ne cédera pas. Puisqu'il ne peut, par la persuasion, venir à bout des mutins, il les dispersera par la force ; il appelle ses généraux et ses officiers supérieurs : il leur demande s'ils sont sûrs de leurs hommes. — Tous répondent négativement; un troisième effort tenté par les chefs de corps auprès de leurs officiers demeure sp;ns résultat : l'assemblée de la Rotonde poursuit sa discussion; et l'armée de Rome tout entière est prête à la soutenir.

Le soir, tandis que l'état-major délibère sur l'extraor-

1. Lettre des Commissaires au Directoire, 9 ventôse. Aff. élran^. Corr., Rome. Noter que Masséna refuse aussi de donner aux consuls la garde d'honneur que Berthier leur a iiromise.

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