MASSÉNA IMPUISSANT QUITTE KOME
« punir les coupables, déjà diffamés dans l'opinion « publique, nous vous invitons à venir sur-le-champ « déclarer à la Rotonde, combien vous avez remis jusce qu'à présent d'argent, de meubles, d'effets, de bijoux, u de chevaux, avec ou sans reçu... Vous ne devez rien <( craindre d'une déclaration qui a pour objet la ven- « geance du crime ; vous avez pour vous la protection (( de l'armée : elle vaut certes beaucoup plus que « celle d'une poignée de brigands qui seront bientôt « punis ^.. »
Au palais Ruspoli, l'énervement croît à toute heure: l'impuissance de l'état-major est complète : devant une députation d'officiers qui demande des ordonnances montées, l'adjudant général Gilly s'emporte jusqu'à dire qu'on fera mitrailler les mutins 2. Ce sont là de belles paroles, mais ce ne sont que des paroles vaines : l'état-major ne trouverait pas un canonnier pour pointer les pièces. Masséna réunit chez lui un grand conseil, afin d'aviser à la situation; sans parler des officiers supérieurs et généraux de l'armée, il convoque le général Berthier, les commissaires civils, les consuls romains provisoires, à dix heures du matin ; d'un accord unanime, on décide, — tentative suprême, — de faire battre la générale, de réunir l'armée, de la conduire hors de Rome ^ : les troupes une fois réunies, la discipline reprendra d'elle-même son empire sur elles; oseraient-elles braver en face les généraux qui les ont si souventconduites à la victoire ? Mais cet espoir s'envole : Rey, Dallemagne, Léopold Berthier, Cervoni, Jomard, qui se rendent dans les divers quartiers, reviennent tous porteurs des mêmes réponses'* : les troupes refusent ; elles ne reconnaissent plus que les ordres de rassemblée générale des officiers, qui, dans l'après-
\. Collezione, I, 53: « Gli offiziali dell' Armata di Roma rappresentanti l'armala ai Gittadirii Romani. »
2. Desvernois, Aithnoires, 88. Lettres de Masséna déjà citées. Dépôt.
3. Masséna. Berthier. Desvernois, l. c, Mem. Stor., 231-23'?.