‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 14 sur 579 · LA SITUATION FINANCIÈRE · texte numérisé non relu

LA SITUATION FINANCIÈRE

prendre à la fois ; sans parler de ses libéralités à son neveu, le duc Braschi, il est certain que le dessèchement des marais Pontins absorba beaucoup d'argent; ce qui décida le Trésor pontifical à émettre des cédilles, garanties non plus, comme autrefois, et comme tous les billets de banque, par une forte encaisse métallique conservée dans les cotfres^, mais par la seule parole du pape. Aux premiers temps de son règne, l'argent n'était pas trop rare ; mais, neuf années après son avènement, les cédules perdaient déjà 5 0/0 ; on les multipliait chaque jour pour parer à la disparition du numéraire versé en payement aux étrangers. « Je « me rappelle, écrit le P. de Léopardi, que dans le « cours de plusieurs années, je ne vis pas un demi- « paul d'argent. » Afin de soulager le petit commerce, paralysé par cette disparition des espèces, et qui ne trouvait pas dans les cédules la monnaie divisionnaire dont il avait besoin, on recourut à la fabrication de pièces de tm\rQ[monete dirame), qui, intrinsèquement, ne représentaient pas le cinquième de leur valeur nominale. De ce jour on commença de distinguer le moneta erosa^ véritable cédule métallique n'ayant qu'une valeur fictive de la moneta fina, monnaie réelle 2; survinrent ensuite

1. Les coffres des Monts de Piété. Ils prêtaient sur gages, sans intérêts pour dix-huit mois jusqu'à 9 écus ; passé cette somme, ils prenaient ô U/0 ; les Monts de Piété rapportaient ainsi environ 4.000 livres par an. Pour juger sainement de cette question des cédules en Italie centrale, il faut se rappeler gue sa faible productivité entraîne tout naturellement la raréfaction du numéraire. Aujourd'hui, bien qu'elle soit unie aux i)ays très riches de l'Italie du Nord, et qu'elle bénéficie de cette union, l'argent est très rare, et le papier monnaie seul a cours; dans l'antiquité, tout ce qu'elle produisait ne suffisait pas à solder le prix des importations qu'elle recevait et qu'il lui fallait payer la différence en numéraire: de sorte que, par l'industrie et le commerce, les provinces reprenaient à Rome ce qu elles lui avaient donné en tributs. Les seules denrées de la Chine, de l'Inde et de l'Arabie lui coûtaient 200 millions jiar an (Pline, VI, 206, et XII, 41). Et noter que, sous Pie VI, un fait particulier contrariait cette nécessaire raréfaction des espèces : la présence des jésuites espagnols pensionnés par la cour de Madrid et qui recevaient leurs pensions en piastres d'Espagne: ces piastres étaient, en fait, la seule monnaie courante de l'Etat romain.

2. La moneta fina fut ensuite augmentée de 30 0/0, si bien que l'on distingua cette monnaie fine, dite luiii/a, de l'ancienne monnaie non augmentée, dite curta. 100 écus fins valaient 100 écus curti et 130 écus lungi. 1 quattrino valait 1 centime; 1 bajoque, 1 sou; 1 sanpietrimo, 2 sous et demi; 1 madonnina en cuivre, 5 sous; 1 paolo, en argent, 10 sous; 1 papetto, 20 sous; 1 écu romain assimilé à la piastre d'Espagne valait 5 fr. 38. Pour plus de détails, cf. Léopardi, Autobiografia, XLII. Digressione sulla Moneta, p. 97, 99 sq., et Metodo per ridurre qualurique somma di scudi e bajocchi a frccnchi e centesimi (Roma, 1810. Sabrucci,

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