‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 144 sur 579 · Dépôt, 26 février · texte numérisé non relu

Dépôt, 26 février

136 RAISONS DE LA RÉVOLTE DE l'aRMÉE

révolte, qui chassait son chef légitime : il avait cru pouvoir le faire parce que ce chef disparaissait tout d'un coup, au moment où l'ennemi relevait soudain la tête. Que n'allait-on pas lui reprocher, maintenant que l'ennemi n'existait plus et que l'ancien général reparaissait enfin? Il comprit qu'il devait précipiter son départ; il s'éloigna le soir môme, lundi, 26 février, à sept heures.

On verra tout à l'heure les conséquences de cette réapparition inattendue de Masséna sur l'esprit de l'armée de Rome; il convient de remarquer, dès à présent, la mauvaise humeur du soldat de Rivoli contre un collègue qui a été témoin de l'aflront qu'il a reçu et qui est sorti vainqueur d'embarras où il a succombé; ce simple fait éclaire d'une vive lumière l'origine des légendes qui déforment les raisons de la révolte en prétendant les expliquer.

Le pillage de Rome, on l'a vu, était commandé par les besoins de l'armée d'Italie, ce qui veut dire aussi l'obligation de surveiller l'Autriche et la nécessité de contenir Milan ; le pillage de Rome fut la cause véritable de la révolte de l'armée qui s'en était rendue maîtresse. Que l'arriéré de la solde fût une des raisons des insurgés, c'est ce qu'invite à penser la triste situation des troupes à ce moment^; c'est ce qu'obligent à croire les déclarations explicites contenues dans la lettre des officiers -; dans celle de Faypoult, écrivant au Directoire le 2 mars^ : « Le mécontentement de la « troupe a deux principes : l'extrême arriéré de la « solde ainsi que des traitements de l'armée... » ; dans celle de Berthier écrivant au Directoire, le 28 février, de Radicofani : « (les officiers) disaient que vous deviez « envoyer de l'argent de France, qu'il ne fallait pas

Page 1