Gros Bois, 1798, C
U4 l'armée ne veut pas de masséna
demain, ils sont plus explicites encore ^ : « Vous nous « manquez de plus en plus, lui écrivent-ils ; nous devons « vous dire que votre absence met ici la chose publique (( en péril. Nous gémissons comme vous des procédés « Illégaux qui ont déterminé la démission de Masséna; « mais puisque... elle est irrévocable, nous espérons « que vous voudrez bien, en passant ici au moins « quelques jours, redonner aux choses le cours qu'elles (( doivent prendre. » C'est ce jour-là, en effet, que les officiers rédigent leur adresse au Directoire, où ils s'expriment si durement sur le compte de celui qui s'obstine à rester à leur tète. 11 ne semble pas que, le l*"" mars, la situation se soit améliorée : Haller écrit alors à Berthier': l'ordre est rétabli, la décision du Directoire est attendue tranquillement ; si elle oblige à reprendre Masséna, les mouvements recommencent. Le 2 mars, les sentiments des troupes se manifestent plus vivement encore : Dallemagne veut organiser un détachement pour assurer la correspondance de Ronciglione à Rome : le 24" chasseurs, qui est commandé de service, refuse de marcher, parce que Masséna se prétend toujours général en chef 3. La situation de Dallemagne devient si embarrassante, l'attitude de l'armée si expressive, que les Commissaires, afin de lui donner une éclatante satisfaction, afin d'assurer d'une façon définitive le respect de la discipline et la tranquillité