Rey à Dallemagne, 12 ventôse (Dépôt, 2 mars
de Rome, déclarent officiellement, par un arrêté en date de ce jour*, qu'ils ne reconnaissent plus Masséna pour général en chef, mais Berthier, et Dallemagne, son remplaçant.
L'obstination de Masséna devait provoquer une manifestation éclatante de la haine qu'il inspirait. Le 6 mars, le bruit se répand à Rome qu'il appelle à lui Cisalpins et Polonais afin d'imposer son autorité par la force-; et l'agitation renaît si violente dans la ville comme dans l'armée que le général Vial, commandant de la place, écrit ce jour-là aux Consuls'^: « Envoyez-moi le « ministre de la police ou votre secrétaire général pour a que je puisse conférer avec lui sur des mesures de « salut public à prendre pour cette nuit » ; tandis que le Comité central des officiers de tous les corps de V armée de Ro?ne'*, qui s'est aussitôt réuni, rédige une nouvelle lettre au Directoire afin de ne lui laisser aucun doute sur les sentiments qui l'animent^. On y lit que Masséna est V objet de r horreur générale; que, s'il garde le commandement, on l'incarcérera, et que r armée plus que ja?nais persiste, au péril de sa vie^ à n avoir plus Masséna à sa tête. Et la 21* légère, détachée à Terni, envoie aussitôt son adhésion à celte adresse.
Ce ne sont pas là de vaines phrases. Le 13 mars (23 ventôse), à cinq heures du soir, Masséna rentre dans Rome au palais Ruspoli*'. Le lendemain, 14, tandis qu'il fait afficher une proclamation", où, après avoir
1. Gros Bois, 1798, G. 21 bis. Arc/iices, AF3, 72. Tout s'apaise, quoique le 2 mars Villemanzy envoie 120.000 francs au Nord (Dépôt) et que les pillage? continuent (à Saint-Pièrre, Sainte-Marie-Majeure, aux Stigmates. Sala, I, 84). Faypoult écrit à lierthier le ô mars(I)épùt): « Le général Masséna, en butte comme il est dans l'oijinion de l'armée et de l'Italie à des inculpations sur lesquelles je suis loin d'avoir un jugement...» Donc les vilains bruits continuaient die courir.