MASSÉNA SOMMÉ DE QUITTER ROME
lancé quelques bravades, il promet de donner satisfaction aux exigences de l'armée, les ofiiciers se réunissent au Capitule. Ce môme jour est pour eux un jour de triomphe : le Conseil de guerre, à la date du 14 mars, a condamné à mort le chef de bataillon Charrier, convaincu d'avoir volé au palais du duc del Gesso^ deux caisses d'argenterie de bijoux et d'effets ; il est sûr qu'ils ne céderont pas. Le lendemain, 15 mars, en effet, ils se réunissent de nouveau ^ et font lacérer la proclamation de leur ennemi : ils lui envoient une députation qui le somme de quitter Rome aussitôt et décident d'envoyer quatre des leurs à Paris exposer leurs griefs au Directoire. Les officiers généraux s'entremettent en vain : les journées du IG et du 17 s'écoulent sans que la situation se modifie; on se demande comment l'on sortira de cette lamentable histoire.
Enfin, le 18 mars au matin, les commissaires civils reçoivent, avec les dépêches de Paris, les ordres du Directoire en date du 8 (18 ventôse). Masséna est envoyé à Gênes, où il part sur-le-champ-^; Berthier doit arrêter les signataires de la déclaration du 7 ventôse et les rédacteurs de l'adresse au général en chef; il doit dissoudre les 11" et 12* demi-brigades; — GouvioTi Saint-Cyr est nommé général en chef; — une proclamation datée du 19 annonce que les commissaires civils feront juger sans délai les commissaires et chasseront tous les agents suspects de vol ; — enfin une loi, datée du 5 mars, déclare que l'armée de Rome a bien mérité de la patrie^.
Ces nouvelles produisent quelque effervescence parmi les troupes ; mais les commissaires maintiennent le
1. A Monte Citorio. Charrier, adjoint aux adjudants généraux, était attaché à l'étàt-major de Cervoni ; il avait volé encore les clefs de quatorze caisses déposées au Monastère des «Paolotte» (C'oiZt^/o^îc, 1,278-281). Sala raconte (1,102-103) que deux commissaires qui avaient volé la moitié de l'argenterie de Saint- Antoine des Portugais furent condamnés par contumace à cinq ans de fer Charrier aussi s'était enfui. Cf. Sala, IH, 241-244, et 1, 137.
2. Thiébault U, 158. Masséna au Directoire, IG mars. Dépôt. 3.Arch. nation., AF3 (18), 10.