Sala, I
On emprisonne les ecclésiastiques suspects : le 2 mars, cinquante d'entre eux sont conduits au château Saint- Ange' ; le 5, le curé de Saint-Marcel est arrêté, comme a été arrête déjà l'abbé Marchetti-; trois jours après, les consuls prennent une mesure plus grave encore. Si certains cardinaux et prélats sont partis comme Carafa, Pignatelli et Rinuccini, comme M^'"" Federici et M*''' Bottini'^, le plus grand nombre est resté à Rome : qu'ils le veuillent ou non, leur présence est un prétexte d'agitation sinon une cause de trouble : le 8 mars donc, avant l'aurore, on enferme au couvent des Convertite, sur le Corso, les Eminentissimes Roverella, prodataire ; Antonelli, évoque de Palestrina; Carandini, préfet de la congrégation du Bon Gouvernement ; Giuseppe Doria, ex-secrétaire d'Etat; Borgia, préfet de la congrégation de l'Index ; délia Somaglia, vicaire de Rome ; et M*-'""* Crivelli, ex-gouverneur de Rome ; Giustiniani, exgouverneur de Pérouse; Angelo Altieri, ex-auditeur de Rote ; Sperandini, ex-auditeur de la Chambre ; Vergani, ex-assesseur des finances; de Gregori, lieutenant du vicaire'*. Le 10 mars on les expédie à Cività-Vecchia.
Peu de jours après"", tous les clercs étrangers au territoire romain reçoivent l'ordre de le quitter, h leur exemple : et l'on pense s'ils sont nombreux, dans la capitale du catholicisme, surtout depuis l'expulsion des jésuites et les persécutions révolutionnaires. Et, au même moment, avec sa parure mouvante de soutanes noires, violettes et rouges, Rome perd sa couronne merveilleuse de stemmes et d'emblèmes sculptés aux corniches des palais et aux frontons des églises : les fleurs de lys des Farnèse et les croissants des Piccolomini, les chênes des délia Rovere et les taureaux des Borgia, les griffons des Borghèse, les abeilles des Bar-