‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 169 sur 579 · Collezione · texte numérisé non relu

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« des peuples, a opéré ce prodige par ses armées invin- « cibles. Les maux qui nous opprimaient au dedans et « qui nous avilisaient au dehors cessent déjà en partie, (( en partie sont près de cesser : c'est la première et la « plus grande occupation du nouveau gouvernement « provisoire... L'anarchie organisée sous un joug des- « potique, sous laquelle nous gémissions depuis tant « d'années, ne pouvait ni ne voulait accomplir (les) « devoirs sacrés (de tout gouvernement)... Formez-vous « tous, peuples de la République romaine, en une « démocratie ; élisez suivant la règle proposée par le « sage général, notre bienfaiteur, vos municipalités « provisoires, afin de vous régulariser et de vous organe niser en une seule et indivisible république, qui « nous rassemble, vous et nous, sous un commun (.( gouvernement central. Héritiers des Brutus, des « Publicola, des. Fabius, des Fabricius, des Scipion, « des Caton, érigez l'arbre de la liberté ; effacez toute « trace de notre ancien esclavage et de la vieille « anarchie. Soyez dignes de vos pères les plus anciens «et de ces noms qui résonnent toujours avec gloire « dans l'histoire des nations italiennes! »

La proclamation des consuls ni les mesures qu'ils avaient prises ne pouvaient partout produire le môme effet, ni rencontrer le même accueil ; la conquête française n'était point parvenue partout au même degré de développement. Suivant que les départements romains ont été occupés au mois de mars, — comme les terres littorales de la Méditerranée, — ou que les administrations y fonctionnent depuis le mois de février, — comme c'est le cas pour la Montagne, — ou que les influences cisalpines y ont pénétré dès le mois de janvier, — ainsi qu'il est arrivé pour les Marches Adriatiques, — c'est une œuvre d'occupation militaire, d'organisation administrative ou d'exploitation fiscale qui s'y développe progressivement : la situation géographique de chacune de ces régions explique qu'elles

aient été inégalement atteintes par la pénétration française.

Dans la Campagne, les Français songent d'abord à s'établir, rayonnant de Rome tout autour. Ils courent s'installer à Cività Vecchia, le grand port de l'Etat romain sur la Méditerranée : c'est par là que les nouvelles et les approvisionnements arrivent le plus vite; et puis on assure que l'arsenal en est richement fourni, et Bonaparte songe à en faire partir l'avant-garde de l'armée d'Egypte. Léopold Berthier y arrive en toute hâte le 10 février, avec les troupes de Belliard^; il y trouve une belle artillerie, en effet, 203 bouches à feu-, dont 170 en bronze 3, avec 380 barils de poudre; il y trouve encore 2 galères et 2 felouques ; il y trouve enfin, chose infiniment précieuse, 5 polacres chargées de blé que Haller fait immédiatement conduire à Rome^. Depuis lors, toute une division s'y concentre, dont Desaix prend le commandement 5; et les mouvements de troupes qui se produisent constamment de ce côté facilitent l'œuvre d'installation et déjouent les projets de résistance. Quoique le passage du Pape à Viterbe, le 22 février, produise quelque agitation'', et quoique, sur une population de 14.000 âmes, la petite ville compte seulement, an dire des hommes « bien '< pensants », « dix membres infectés et cinquante âmes « faibles' », c'est au milieu du plus grand calme qu'on érige un arbre de la liberté et que les autorités provisoires offrent un banquet au général Valette et au commandant Safferno*^. Il arrive même que certains pays appellent les Français : tels S. Oreste, Tivoli, Marino, Rocca di Papa; soit que les patriotes et Ips

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