‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 171 sur 579 · VELLETRI · texte numérisé non relu

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tel Gandolfo, où les guelfes ne sont pas moins puissants : c'est là que se trouve le palais fameux que Maderna bâtit pour Urbain VIIl et où les Papes ont coutume de passer les chaleurs de Tété; la ville leur est toute acquise; ses ennemis se rangent avec leurs ennemis. Les habitants de Marino courent donc à l'assaut de Castel Gandolfo et enlèvent deux canons dont ils arment leur patrie : ils délivreront bientôt leur concitoyen captif.

Non loin de là, passé l'Ariccia, Genzano et Nemi, parmi les premiers vallonnements des montagnes, Velletri se cache dans les bois et les ravins, échelonnant ses maisons pressées sur ses rues étroites et raides, autour du beau palais Lancelotti. Dans la soirée du 1 1 février, le bruit se répand que les Français sont entrés à Rome sans résistance; et l'on discute et l'on s'agite, et, pendant que l'on s'agite et que l'on discute, un prêtre de Rome qui, ces jours-ci, revient de Naples, Antonio Pagnoncelli, part pour le quartier général français : il veut obtenir un arbre de la liberté. 11 revient avec de belles promesses; et, une semaine plus tard, le 18, dans une réunion tenue au café de Gioacchino Stracca, il décide avec ses amis, Stefano Goluzzi, Giovanni Falconi, Pietro Santini, Candido Angeloni, de proclamer la République et d'arborer les trois couleurs au palais Conservatoral. Aussitôt dit, aussitôt fait ; les papelins ne soufflent mot : aussi bien, ils savent qu'il ne servirait de rien de se plaindre. Pagnoncelli retourne à Rome porter l'heureuse nouvelle; il en revient, le 21, avec cinquante dragons; le 22 enfin, pour prix de ses peines, il a le bonheur de bénir l'arbre symbolique. Le 24, les consuls sont nommés : Paolo Toruzzi, Francesco Graziosi, Philippo Torsuna, Francesco Santucci, Pietro Gigli et Giuseppe Goluzzi, « personnes qui, nous dit un contemporain, « n'avaient leur égal, pour l'honnêteté. Leurs mesures « prévoyantes n'obtinrent pas cependant l'effet qu'on

« désirait produire; parce que les dispositions des « Français déconcertaient leurs projets et que le com- « mandant Béronger disposait des revenus des com- « munes. » Le pauvre Pagnoncelli finit par perdre la vie à les défendre : tandis que ses amis « démocratisaient » avec bonheur, Legni Palestrina, Orlandi Anagni, Gascaparna Piperno, Santini Terracine, il réussit bien lui-môme à Sermoneta, mais se fit tuer à Cività- Lavinia, d'où il prétendait tirer 2.000 écus en cédules. La fin précoce de son apostolat jacobin lui épargnait une désillusion pénible : son œuvre ne fut pas aussi durable qu'elle avait été rapide et brillante. Le 26 février arrive, à travers bois, Antonio le chevrier; il apporte de grosses nouvelles : les Trasteverins se sont révoltés, ils ont pris Monte Gavallo et le château Saint-Ange; ils ont arrêté le général français ; Albano, Ariccia, Nemi, Genzano ont suivi leur exemple, si bien que la victoire est certaine : du reste, la Madone de Gampitelli a parlé et l'a formellement promise^ La ville et la campagne prennent aussitôt les armes : on massacre les Français qu'on rencontre ; le commandant Béronger ne s'échappe que par hasard, abandonnant quatre dragons du 20% son secrétaire et un domestique, qu'il croit assassinés'-. Gian Paolo Borgia, qui survient après sa fuite, parvient à apaiser les esprits et à ramener la tranquillité dans la ville. Mais, le lendemain 27, il est obligé de fuir à son tour ; l'insurrection est souveraine maîtresse; le P. Paroni anime les courages; chacun porte au chapeau l'image de la Madone délie Grazie, — qui a une église aussi à Marino; — et l'on fête la délivrance de la ville aux cris répétés de Evviva Maria. Un dragon français qui vient de Terracine donne, tête baissée, au milieu de cette foule en délire : il est massacré en un instant. Gependant les insurgés s'organisent sous la conduite de Gesare Borgia, de

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