LES MARCHES ADRIATIQUES
est remis en question : le vote de janvier est annulé; Pesaro est cédé à la Cisalpine, tandis que Fano et Senegallia et la République anconitaine elle-même sont annexées à la République romaine ^
Du reste, au milieu de ces débats, les administrations se sont établies et ont commencé à fonctionner : c'est dire qu'au mois de mars l'exploitation est régulièrement assurée. « Le gouvernement français, écrit <( Monaldo Leopardi^', avait usurpé ces provinces avec « l'intention principale de les dépouiller; et il n'a pas « manqué le but qu'il s'était marqué, puisqu'il n'y a « pas eu de déprédation, — de quelque espèce que ce « ïïit, — qui n'ait été exercée en ce temps avec l'impu- « dence la plus éhontée. Je n'ai ni la mémoire ni la « volonté nécessaires pour décrire tout ce qu'il nous « arriva de souffrir. » Haller avait imposé ces pays de 1.950.000 livres-'; Recanati, pour sa part, était taxée à 80.000 écus; et cependant, l'année précédente, les églises et les particuliers s'étaient déjà appauvris en payant les contributions imposées par le Pape; et cependant, au début de l'invasion française, elles avaient été métbodiquement spoliées. C'est ainsi qu'on avait enlevé à la cathédrale de Recanati un autel d'argent, son orgueil, que venait de lui donner M*'''" Ciriaco Vecchioni et dont le seul « espositorio » valait 6.000 écus. Comme Recanati était encore assez prospère, elle put réclamer, envoyer à Rome le marquis Antici, qui obtint qu'on réduisît à 10.500 écus effectifs la contribution imposée par Haller^. Mais, tout à côté, Lorette, la ville sainte, Lorette n'est pas assez riche pour se payer le luxe d'un ambassadeur; elle est obligée d'envoyer une simple lettre au général en chef : il n'est pas de texte où se marque en traits plus saisissants et plus précis la situation de cette con-