‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 18 sur 579 · LA SITUATION INTERNATIONALE · texte numérisé non relu

LA SITUATION INTERNATIONALE

créant des cédules divisionnaires de môme valeur et en suspendant toute frappe; les droits de douane seraient exigés en monnaie fine'.

Mais l'édit du 28 novembre 1797 n'eut pas meilleur succès que celui du 11 août ; et l'on s'y attendait. L'amhassadeur de la République à Rome, Joseph Ronaparte, écrivait à Talleyrand, le 29 novembre, que l'on craignait fort, à la cour papale, que la vente du cinquième ne s'effectuât pas. Le désordre financier était donc à son comble, au moment où une république jacobine allait prendre la place du gouvernement pontifical. Les invasions françaises, les réquisitions qu'elles exigeaient, les contributions qu'elles imposaient, avaient évidemment accru le désordre économique, qu'avaient aggravé déjà les initiatives coûteuses de Pie VI. Il faut reconnaître pourtant que le mal, développé depuis deux siècles par la décadence croissante de l'Etat, était préparé par la pauvreté originelle de la terre osseuse où il était établi. Le Pape connaissait sa triste situation ; la conscience de sa faiblesse, telle était la raison de sa politique ; la situation intérieure de son Etat le contraignait à la paix.

La situation internationale de la Papauté ne l'y invitait pas moins nettement. A la fin du xviii'' siècle, en effet, entre l'époque étatiste dont les derniers jours sont arrivés et l'époque démocratique dont l'aube se lève, la Papauté romaine se trouve affaiblie de tout l'effort dirigé depuis quatre siècles contre elle par les Etals vieillis, sans être encore relevée par l'appui des Démocraties naissantes.

Depuis quatre siècles que la Chrétienté est morte et

1. Une congrégation formée par les cardinaux Braschi, Roverella, Rinuccinl, était chargée de surveiller l'exécution de l'édit {Mem. slor., 167).

16 l'étatisme

que les Etats se sont fondés sur ses ruines, l'Eglise catholique n'a cessé de courir le risque d'être absorbée par eux. G'estsur la Papauté elle-même qu'ils ont d'abord essayé de mettre la main, au temps du grand schisme, en tentant de l'asservir au parlementarisme conciliaire. C'est ensuite dans les Eglises nationales, au temps du Luthéranisme, de l'Anglicanisme et du Gallicanisme qu'ils ont trouvé leurs plus efficaces auxiliaires dans leur œuvre autonomiste et absolutiste. Au xviu" siècle, la nationalisation des Eglises se poursuit parallèlement avec la lutte contre la Papauté : on menace son pouvoir temporel ; on affaiblit son action spirituelle, au moment même où l'on pousse avec la plus vive activité le travail d'absorption fonctionnariste.

Les disciples des Genturiateurs de Magdebourg puisent dans le calviniste Goldaste^ et dans Corringius~; ils prétendent que les papes ne sont pas pleinement souverains dans leurs Etats; ils assurent que c'est à l'Empereur que revient Yaltum domimim; et ils en donnent pour preuve que son nom figure sur les monnaies papales. Les polémistes romains s'inspirent toujours de Gretserus'^ et répliquent que, dès le vni" siècle, le pape battait monnaie et que le nom de l'Empereur, gravé sur les pièces de ce temps, n'atteste que sa situation honorifique à' avoué et de défenseur de l'Eglise. Ges controverses ne sont pas mortes au xvni" siècle, on en a vu'^ la preuve dans l'étude d'Acami sur l'origine et l'antiquité de la monnaie pontificale. Et l'on devine que, si les pamphlétaires impéi'iaux ripostent, ce n'est pas pour assurer seulement à leurs maîtres le protectorat moral de l'Eglise, mais plutôt pour lui réserver des droits formels sur telle ou telle partie des Etats romains. Derrière les textes vénérables se cachent des intérêts brutaux ; en France et en Italie, on veut

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