L AMOUR A ROME
les juridictions anciennes ^ — Le ministre de l'Intérieur Gorona installait les administrations départementales; réorganissait le service des postes-, ouvrait V Institut National^ dans une séance solennelle tenue au Vatican (dans une des « Stanze ») et inaugurait V Académie Philotechnique d'Agriculture^ du Commerce et des Arts'^. Il semblait que tout marchât à merveille : c'est à peine si la démission de Corona remplacé par Torriglioni ^, si certains bruits qui couraient sur le mécontentement de Bufalini et d'Angelucci ^ pouvaient laisser soupçonner quelques tiraillements en haut lieu.
Du reste, la vie de plaisirs s'était peu à peu ranimée dans le monde rallié à la République ; quelques salons avaient rouvert leurs portes pour fêter les officiers français. On donnait encore des bals; et puis, avec les capricieuses journées d'avril, avec les délicieuses journées de mai, revenaient les fêtes et les promenades, inséparable corlège du printemps romain. Nos officiers n'avaient pas à se plaindre de l'accueil qui leur était fait : les Romaines n'étaient pas farouches. « Après la (( seconde entrevue, on était reçu le matin comme le soir, « au théâtre comme au palais, en tète à tète comme en « nombreuse compagnie, avec toutes les marques de « l'intimité et de la bienveillance ; on n'était plus appelé « que par un nom de baptême ou de famille tout court, « ce qui paraissait mettre tout le monde de pair et autoce risait d'inappréciables réciprocités. A quelque femme « que l'on parlât, on ne l'apostrophait que par son seul « titre; de quelque femme que l'on causât, absente ou « présente, titrée ou non titrée, on ne la désignait que par « la... une telle, ainsi l'Ottoboni... Mœurs charmantes, « mais dangereuses, grâce auxquelles l'amour ne vieillit