‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 193 sur 579 · LA VIE POLITIQUE 18S · texte numérisé non relu

LA VIE POLITIQUE 18S

commis ; Colli, le chirurgien de F'ermo, Bencdetti, le musicien de Spolète, Morganti, le médecin de Fano, ne paraissaient pas se douter qu'il pût y avoir de plus intéressantes questions que celle de la suppression des blasons ou de l'abrogation du calendrier grégorien, si ce n'est celle de l'institution dune garde d'honneur pour le Sénat'. Mais on se passionnait davantage autour de l'austère et sobre palais de la Chancellerie : avec plus d'ardeur que leurs collègues du Gapitole, les jeunes tribuns avaient plus d'audace. Ils proposaient d'établir un tribunal révolutionnaire-; le libraire Bouchard et Petrini, un prêtre défroqué de Lucques, voulaient interdire les rassemblements dans les églises''; Gagliufli demandait qu'on proclamât le règne de la religion naturelle. Par malheur pour eux, ils trouvaient des bommes décidés à leur tenir tête; comme l'abbé délia Val le, président du comité ecclésiastique, prétend enlever à monseigneur Passari, vice-gérant de Rome, le droit de nommer les curés, alin de le transférer au peuple, il est mandé à la barre de l'Assemblée : on l'accuse d'excès de pouvoir ; on le renvoie en le condamnant à se dédire ; un tribun môme ne craint pas de parler avec chaleur en faveur du Christianisme'* et, quatre jours après, Gammillo Gorona prononce un vigoureux plaidoyer en faveur de la religion et du culte qu'il déclare inviolables ; et son discours, accueilli par les applaudissements les plus vifs, obtient les honneurs de l'affichage. D'autres séances solennelles provoquent le môme concours de Jacobins : telles V Académie lÀttéraire qui se tient dans le grand salon du Collège Romain magnifiquement orné pour entendre, en présence des Consuls, les discours de l'abbé Petrucci, maître de rhétorique et de l'abbé Gasperini, maître de grammaire^.

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