Sala, I, 208i
LA PERSÉCUTION RELTGTECSE 191
de leur pouvoir souverain, et leurjoie se manifeste par des actes d'une brutalité curieuse. Le 24 mai, sur la place de Gampitelli, comme deux prêtres parlent entre eux, un patriote survient qui leur reproche de comploter et s'emporte contre eux jusqu'aux coups. Pourtant, le 24 mai, M*^"^ Passari, vice-gérant, publie un édit qui supprime vingt fêtes religieuses, y compris l'obligation d'assister à la messe' ; le lendemain même, au Cercle constitutionnel, on lit une longue dissertation contre l'existence de Dieu-, et les membres de l'Institut proposent délever les enfants jusqu'à l'âge de sept ans en dehors de toute idée religieuse et de toute doctrine philosophique, pour enseigner le déisme pur de sept à douze ans-^. Et c'est le temps où l'on publie contre le Pape un pamphlet infâme la Profezia'*^\ et c'est le temps aussi oii le bruit court qu'on massacrera tous les prêtres au-dessus de soixante ans\
Le fait est que deux circonstances récentes enflamment les passions sectaires. La légion polonaise de Dombrowski, levée par la Cisalpine, avait reçu l'ordre de se rendre à Rome avec huit canons (12 avril) S; elle y faisait son entrée solennelle, le jeudi 3 mai; mais elle avait ses aumôniers ! et les F^olonais, aussitôt arrivés, se précipitaient dans les basiliques et baisaient dévotement les reliques, simagrée indigne d'un homme libre! Comme approche la fête de saint Stanislas, leur patron, voici que le scandale redouble : ils envoient un commandant interpeller Gambino, l'administrateur romain de leur église nationale^; ils