DÉCOURAGEMENT UNIVERSEL
péenne devient de jour en jour plus obscure : le congrès de Hasladt n'aboutit pas ; la bataille diplomatique qui s'y livre depuis le mois de décembre, peut conduire d'un moment à l'autre, non pas à une pacification générale, mais à une coalition nouvelle. La France veut toujours obtenir la rive gauche du Rhin, mais elle n'entend pas cédera Thugut un pouce de territoire italien : Bernadotte est parti à Vienne pour le lui signifier, et son attitude provocante a soulevé des incidents très graves : on a insulté le drapeau tricolore. Les Romains l'ont appris : Jacobins mécontents de n'être pas casés ou de n'ôtre pas pourvus à leurchoix^ Trasteverins ou Regolanti obsédés du regret de la Papauté perdue vont peut-être s'entendre pour tenter une seconde révolte, comme celle du 25 février. Le 21 mars, on ordonne une première réquisition des armes'-; le 13 avril on prescrit de faire la chasse aux vagabonds qui courent les campagnes^; une semaine après, nouvelle recherche des fusils^ et envoi d'un piquet d'infanterie au Quirinal pour renforcer la garde des consuls. Le l"" mai, on s'attend à une insurrection^; le 4, les craintes sont plus vives encore : on apprend avec émotion les nouvelles du Trasimène; quelles intluences exercerontelles sur la foule? Par mesure de précaution, ce même jour, Saint-Gyr lance une proclamation : elle rappelle les articles 354 et 355 : « Tout attroupement armé « est un attentat à la Constitution. Il doit être sur-le- « champ dissipé par la force. » « Tout attroupement non <c armé doit être également dissipé, d'abord par ordre « verbal, s'il y a lieu par la force armée » ; inutile d'en reproduire les autres dispositions^. On voit quelle
1. Une commission de six membres fut nommée ])our examiner le civisme et la caiiacité des candidats malheureux: elle était formée de Guérini, Jacoucci, Mutarelli, de Cumis, Bouchard et Granchi {Mem. Stor., 268. Sala, I, 150-liil. Collezione, 1, 345).