Crivellucci
« plus une seule commune avec une seule adminis- « tration, mais elle en formera trois, avec trois admi- « nistrations diverses '.,. Tandis que les grandes com- « munes sont divisées en plusieurs municipalités', les « petites sont réunies en une seule : autant dire qu'en (( fait elles disparaissent». Varticle 180 t/é* la constitution a décidé que celles qui nont pas 10.000 âmes n'auront pas chacune leur municipalité; comme l'état romain compte beaucoup de petits hameaux de trente ou de vingt familles, c'est un massacre universel, « un (( vrai massacre des innocents ». Pour former une commune, on en réunit huit ou dix, ou quinze, que l'on dépouille de toute la pompe de leurs institutions séculaires pour mettre à leur tête un édile omnipotent : c'est lui qui représente ses compatriotes; lui qui, au nom de la centrale, doit répartir et percevoir les impositions directes, surveiller l'instruction publique, les établissements ecclésiastiques, les travaux publics, les hôpitaux, les subsistances. Ainsi l'on défère à l'assemblée cantonale des édiles les allaires qui intéressent étroitement ç\vA.(\y^i^ commune et qui, auparavant, étaient de la compétence du conseil communal-^; elles sont réglées soit au hasard, soit au gré du seul qui les connaisse. Le système des municipalités cantonales établit donc le despotisme des édiles dans leurs villages; la République, qui prétend apporter la liberté au peuple romain, l'enchaîne sous mille tyrannies particulières.
Est-il étonnant qu'avec une organisation aussi surprenante la situation du gouvernement consulaire ne soit pas brillante au mois de mai? Est-il étonnant que le découragement se fasse sentir dans les lettres des commissaires ou des généraux ou des consuls euxmêmes? Pour comble de malheur, la situation euro-
1. L'article 18R dovait adoucir les conséquences de cette absurdité; il établissait, pour l'expédition des atl'aires communes, un bureau de trois grands Ediles, nommés par le Tribunat.