SUCCÈS, DESTITUTION DE LA COMMISSION CIVILE
les vexations de toute sorte, les Romains ne bougèrent pas. Il était clair que cette longue agitation du mois de juillet avait été soufflée, entretenue par la bande des agioteurs : en dépit de leur habileté et de leur persévérance, ils n'avaient pas pu profiter de l'hostilité ouverte, qui, après avoir couvé tout le mois de juin, avait éclaté brusquement, au début du mois de juillet, entre le pouvoir militaire et les autorités civiles. Habilement et honnêtement conseillés par Yisconti, les commissaires étaient venus à bout, par leur énergie vigilante, du complot financier sourdement soutenu par la nécessaire bienveillance du général ; comme ils avaient cassé ses arrêts, ils avaient brisé les consuls. La prise de Malte vint jeter comme un rayon de gloire sur leurs etîorts triomphants ; et la fête du 10 août, organisée pour fêter l'heureuse nouvelle et commémorer la chute de la royauté française fut le couronnement de leur œuvre et la glorification de leur politique.
Cette accalmie, survenant après deux mois d'orage, ne devait pas durer. Le malheur de la République voulait que Saint-Cyr eût eu raison dans l'affaire de l'ostensoir; il fit destituer les commissaires qui l'avaient fait casser. Le 11 août, leurs successeurs arrivaient à Rome; et, le 16 de ce même mois, on apprenait avec terreur le désastre de la flotte française à Aboukir'.
Pendant que se déroulait cette bataille, que le gouvernement français pouvait prévoir, mais qu'il ne sut pas prévenir, la vie à Rome conlinuait de suivre son cours. La fièvre de plaisir paraissait s'être apaisée : du moins, beaucoup d'officiers avaient été rappelés au milieu de leurs troupes et envoyés en province pour