PERSÉCUTION RELIGIEUSE
Rotto, du chanoine Carboni, curé de San-Angelo in Pescaria, n'a pas apaisé leur colère, quoiqu'ils aient consenti à jurer, La verve enthousiaste d'un frère des Saints-Apôtres, qui montre dans Saint-Antoine le modèle du bon démocrate ' ; le discours du curé de Santa-Maria del Popolo, dont le Directoire se montre si heureux qu'il en ordonne l'impression, ne calment pas non plus leur fureur: le curé de San-Yenanzio de Camerinesi a refusé de suivre leur exemple- et M^*" di Pietro a demandé au Pape de se prononcer sur la question, en lui envoyant l'abbé Belzer, caudataire du cardinal délia Somaglia^. Ce seul recours au Pape exaspère les patriotes : ils ne sont donc pas maîtres chez eux. Lorsque la réponse pontificale arrive, c'est bien pis encore. M*^' Carracciolo écrit le 26 à M^' Passari que l'affaire a été jugée déjà et qu'on ne peut l'examiner une seconde fois: allusion au serment cisalpin interdit par le Saint-Père. Nouvelles colères : on fait grand bruit autour de la réponse, comme lors de la lettre du cardinal Albani aux fidèles de son diocèse de Palestrina'*; M*''' di Pietro, afin d'apaiser les esprits et de prévenir les incidents, imagine une formule qui exclut la haine à la monarchie et réserve la foi catholiques
Les persécutions des Jacobins n'ont donc rien qui doive étonner : le catholicisme n'est pas seulement pour eux le maître haï du passé ; dans le présent, c'est encore un obstacle. On oblige les membres du collège nazaréen à dépouiller l'habit ecclésiastique; les membres du collège Ghislieri comme les pauvres de l'hospice apostolique de San-Michele a Ripa sont tenus de porter les couleurs nationales 6; on réglemente