‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 253 sur 579 · Sala · texte numérisé non relu

Sala

le costume épiscopal ^ ; on s'occupe de réorganiser le collège romain où l'on fonde une chaire de langue française^, et les mauvais plaisants ne manquent pas qui proposent d'enfermer tous les ecclésiastiques dans le Ghetto 3. Comme la suppression des ordres religieux n'a nullement entraîné, ainsi qu'on l'espérait, la désertion des religieux, on travaille à... solliciter leur exode. On le prime : au-dessus de quarante ans, tous les moines qui quitteront toucheront deux cents piastres; et trois cents lorsqu'ils auront passé la cinquantaine. Les religieuses qui les imiteront recevront une rente annuelle calculée sur la valeur de leur dot, de 5 0/0 pour celles qui n'ont pas quarante ans, de 8 0/0 pour celles qui n'ont pas soixante ans, de 10 0/0 passé cet âge''. Et, pour beaucoup, la tentation est grande; des couvents ferment chaque jour; ceux qui subsistent ne savent plus comment vivre : les dominicains de la Minerve dînent d'un potage et d'un œuf et les religieuses Ursulines, qui sont toutes nobles, d'une soupe de limaçons et d'un peu d'eau : on espère bien que les belles piastres offertes à ceux et à celles qui rompront le cloître décideront les indécises.

La situation est si grave, le conflit organisé froidement eiitre les exigences de la conscience et les nécessités de la vie apparaît si redoutable que IV^'^di Pietro, après avoir pris l'avis des secrétaires de la Pénitencerie et d'autres personnes, doctes et pieuses, se résoud à accorder la sécularisation à tous individus de l'un et de l'autre sexe qui se trouvent sur le territoire de la République et qui en feront la demande^. Et cette mesure qui déjoue la manœuvre des Jacobins accroît encore leur fureur: le matin de la vigile de saint Pierre, — jour de jeûne à Rome, — le docteur Russani, directeur de Saint-

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