EFFERVESCENCE POPULAIRE
Jacques des Incurables, prétend imposer un repas gras à toutes les personnes attachées à l'hôpital, les chapelains compris'; le 6 juillet, on joue au palais Giraud une comédie représentant un conclave : le « papabile » porte les habits du cardinal Giraud-.
On voit combien est envenimée, au début du mois de juillet, la situation religieuse; on comprend que, dans ces circonstances, le miracle des yeux ait surexcité encore les haines sectaires. Dans la nuit du 10 au 11, du 11 au 12, du 12 au 13, un grand nombre de madones sont complètement démolies. Les patrouilles qu'a ^multipliées le consulat, sur les plaintes de Grislaldi, n'ont pas fait découvrir les coupables. La population, très surexcitée, monte la garde autour de ses images : les Montigiani ne veulent pas que les propriétaires les déposent à l'intérieur des maisons : le Trastevere s'agite sourdement et veille toute la nuit. Le « parti de la « cédule » entretient l'agitation : qui sait si une nouvelle révolte de Rome n'amènera pas une modification dans ce gouvernement dominé par Visconti. Celui-ci sent le péril : le 14 juillet, au matin, Passari est appelé par le ministre de la Police; il consent, sur les instances qu'on lui adresse, sinon à inviter officiellement les Romains à rentrer leurs images, du moins à engager les curés à les y pousser en secret. Peu à peu l'agitation s'apaise ; si, dans la nuit du 22 au 23, la madone de la place Sciarra est brisée comme tant d'autres sur le Corso, ou place Colonna, ou à Monte-Citorio, cet incident clôt la série : les statues de la Vierge qui ornent le palais Massimi de la place du Capitole et le palais Altieri, place de Venise, sont retirées dans les nuits du 26 au 27 et du 27 au 28, par les soins du Quirinal''.
La politique agressive de celui-ci n'en continue pas moins de se développer : le 21 juillet, les croix