LA RÉVOLTE DU CIRCEO
suspend les recouvrements i, tandis que Lahure ordonne le désarmement immédiat de tout le pays-.
Ainsi la tranquillité matérielle n'est troublée nulle part, mais elle est partout menacée. A la fin de massifero, elle devient d'autant plus précaire qu'une très grave révolte éclate alors dans le Circeo. Plus pauvre que les autres départements, dont une irrigation régulière assure la salubrité et la richesse relative ; le Circeo souffre naturellement davantage des charges fiscales imposées par le régime nouveau.
« Les autorités constituées dans tout le département, « écrit la Centrale au ministre des Finances, au 26 pra- « tile'^ et chacun de ses représentants publics, « quoique plein de zèle et de patriotisme sincère et ne « désirant rien tant que de pourvoir aux besoins <( urgents de la nouvelle République romaine, établie « sous les auspices et sous la protection de l'invincible « et généreuse nation française, ne peuvent néan- « moins dissimuler, par l'exacte connaissance qu'ils ont « des forces générales de tout ledit département, qu'il « n'est pas seulement difficile, mais qu'il est complète- « ment impossible d'y faire couvrir l'important emprunt « forcé de 250.000 écus, tel qu'il lui a été dernière- « ment imposé. Ce département a toujours été le plus « chétif et le moins riche de tous les autres départe- « ments. En cet état de choses, tous les cantons de « Circeo et, pour eux, leurs représentants respectifs « soussignés, persuadés que le but de la nation fran- « çaise est d'apporter au peuple le bonheur et non le « pillage [felicilure non deruhare li popoli)^ implorent « unanimement l'équité et la générosité des citoyens « consuls pour qu'ils daignent ordonner que ledit « emprunt imposé au Circeo soit réduit à la somme de « 50.000 écus. »