LES INSURGÉS MENACENT ANAGNI
est certaine. Et, pour maîtriser tant d'éldments tout prêts à une révolte sauvage, les forces du gouvernement ne savent même pas s'unir. C'est malgré l'avis contraire de la grande questure que le questeur départemental a accordé des délais pour le paiement de l'emprunt forcé'; il y a querelle amère entre l'administrateur départemental Filippo Bafti et le préfet consulaire de Geprano-. On comprend que l'honnête Panici se plaigne de « ne pas trouver auprès des autorités supé- « rieures cette confiance qu'il a méritée "^ ».
L'avidité de l'agent Grigi '% le scandale des réquisitions qu'ordonne le commissaire Verni et qu'il ne fait jamais signer que par son secrétaire Marini, afin de pouvoir les désavouer 'j; ces deux faits précipitent les événements et provoquent l'explosion de la révolte.
Au cœur du vieux pays bernique, au pied des antiques forteresses qui ont vu jadis les mercenaires d'Hannibal aux prises avec les légions de Métellus, les paysans se lèvent à la voix de leurs curés. A Ferentino, toute fière encore de son enceinte, la population acclame le chanoine Gizzi et le curé Fedele de Angelis ; elle s'arme sous la conduite de Louis Prosperi et de Serafino Salla. A Frosinone, c'est le chanoine Vincent Spaziani qui prêche laguerre sainte, tandis que Marducci et J .-B. Trina enrôlent les insurgés. C'est Cedroni et Nicolo Pelegrini, et un officier napolitain, le marquis de Tanni, qui dirigent les défenseurs de Veroli, tandis que Latanzi et Angelo Maria Cataldi organisent leurs hommes au pied de l'acropole superbe d'Alatri. C'est de là qu'on lance publiquement la proclamation de révolte qui circulait déjà parmi les fidèles; c'est de là encore qu'on envoie à Naples l'abbé de Caza Mara demander du secours^. En
1. Préfet consulaire de Sermoneta à Biifalini, 25 pratile. Archioio, 2H.
2. Lettre de la Centrale au ministère des Finances, 9 messifero. Arcliivio, SOL