‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 281 sur 579 · RAISONS DE LA RÉVOLTE · texte numérisé non relu

RAISONS DE LA RÉVOLTE

qui circule secrètement parmi les communes enfiévrées de la plaine pontinc et parmi les bourgs redoutables qui jalonnent de ruines cyclopéennes la lisière des Apennins.

« Peuple chéri,

« Voilà le temps de se prévaloir dans une circonstance aussi majeure pour le soutien de la religion catholique, même au prix de perdre la vie pour soutenir la foy catholique. Alors, on pourra en acquérir une meilleure, qui est la vie éternelle. Jusqu'ici nous avons été opprimés dans les choses corporelles ; maintenant c'est dans les spirituelles! Ainsi, mes chers concitoyens, je vous annonce une triste nouvelle : si vous ne vous levez pas avec toute la force (possible) au soutien de la foy catholique, nous sommes perdus. Rappelez-vous que dans les siècles passés Dieu donnait la victoire à ceux qui combattaient pour la religion. Souvenez-vous du bruit qu'il y eut l'année dernière, le jour de la Trinité, à l'occasion des apôtres de la fausse loy. Alors pourtant il ne s'agissait que de propos, et actuellement qu'il s'agit de faits, vous ne vous levez pas ! Courage, soyez vaillants, comme il convient à de bons citoyens, à de véritables catholiques, pour entreprendre la défense glorieuse de la religion. Ne craignez point ; en combattant en fidèles véritables, Dieu vous donnera la récompense, soit en ce monde qu'en l'aulre à venir. Que le bon Dieu vous l'accorde pour toujours K »

C'est donc en vain que les préfets consulaires ont

1. Ces lignes sont la reproduction d'un texte que j'ai trouvé au Dépôt (Armée d'Italie et de Rome, juillet 1*08). C'est une eonie certifiée par Brune d'une traduction faite par un Italien. La date à laquelle on l'a classée, juillet 1798, ne permet pas de rattacher cette proclamation à l'insurrection du Trasimène, ni à celles qui suivirent l'incursion napolitaine : celle du Girceo est la seule à laquelle il est possible de i)enser, et elle s'encadre à merveille au milieu de tout ce que nous savons. C'est sans doute la proclamation d'Alatri, dont parle Guardo dans sa lettre du 3 juillet. Macdonala.

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ni

fait prêcher par les curés l'obéissance aux lois'. Les curés se sont retournés ; on les verra conduire les paysans au feu, un crucifix à la main, et les assiégés de Tarracino lutteront au pied de la croix qu'ils ont prise au couvent des Passionistes ; ils l'appellent leur arbre de la liberté 2. Foi religieuse, souffrances causées parle fisc, telles sont les deux grandes causes de l'agitation qui trouble le Girceo à la fin de messidor. Il en est une autre, particulière au pays, qu'on ne doit pas négliger. Les elîorts d'Astolff, on l'a vu, sont demeurés vains; les travaux de la bonification pontine sont restés suspendus, et tout le monde en souffre : les propriétaires dont les marécages menacent les champs et les ouvriers qui n'ont plus de travail. C'est en vain que, le 8 messifero, le ministre des Finances écrit aux Commissaires pour leur renouveler ses instances au sujet des marais pontins'^ ; en vain que, le 2 termifero, la commune de Piperno demande qu'on élargisse l'Amasseno'*; on ne fait rien pour la contenter. Ces ouvriers n'ayant plus ni travail ni pain, on comprend qu'ils refusent l'impôt.

Et voici que les sbires rejetés de la gendarmerie rejoignent une troupe de 120 forçats échappés s, au moment oîi les contrebandiers, toujours en nombre sur la frontière napolitaine'', se voient condamnés au chômage par l'occupation de cette frontière par les troupes de Ferdinand. C'est un double renfort qui arrive à l'armée fiévreuse et scélérate des travailleurs pontins. Et les déserteurs de l'armée de Naples viennent aussi grossir leur nombre; ils apportent, ils répandent les nouvelles qui circulent dans leur camp: la France est attaquée, envahie, vaincue; d'un moment à l'autre, elle abandonnera à elle-même la République romaine ; la victoire

1. Lettre de Carlo Ciceroni, préfet consul, près la municipalité de Frosinone à Bufalini, 22 pratile. VI, Archivio, 204.

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