‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 286 sur 579 · PRISE DE FROSINONE · texte numérisé non relu

PRISE DE FROSINONE

avec Zedelitz, qui laisse cent hommes dans la ville : (jrirardon mène lui-même ses troupes.

Vers huit heures, après avoir enlevé le pont de la Gosa, ils arrivent devant Frosinone, où l'on a massacré, l'avant-veille, le fils d'un consul, le jeune de Matheis, où l'on attend deux régiments napolitains et des munitions. Un officier napolitain dirige la défense, et, sur la brèche qu'ouvrent les canons français, un prêtre, le sabre dans une main, un crucifix dans l'antre, attend les colonnes d'attaque à la tête des insurgés. Leur tir est bien ajusté; le lieutenant Perrot, qui commande l'artillerie, est atteint dune balle; six officiers polonais sont blessés avec lui; enfin on donne le signal de l'assaut. C'est le major Nadoski qui saute le premier dans la place, mais la lutte n'est pas finie; l'enceinte conquise, commence la guerre des maisons et des rues; la résistance est acharnée ; les Polonais furieux s'exaspèrent : « On ne « peut les arrêter... ils commettent des horreurs qu'une « plume se refuse à écrire ^ » L'officier napolitain est tué, le prêtre qu'on voyait sur la brèche est tué d'un coup de baïonnette ; enfin la ville est prise et mise à sac. Veroli, effrayée, députe l'évêque Rossi aux Français vainqueurs , tout le pays se soumet avec Casa Mara et M. San Giovanni; le capitaine Laborde, de la 12®, en reçoit le commandement sous la surveillance de Waldocki, nommé gouverneur de Frosinone. Malgré deux nouvelles attaques que tentent encore les bandes éparses dans la montagne, malgré les excès des Polonais et de leurs officiers, le pays est pacifié.

Restent Subiaco et Terracine, écrit Macdonald au général en chef de l'armée d'Italie, le 5 août. C'est le 2 août que Subiaco s'est révolté; le pays de Rieti s'agite, comme celui dePalestrina et de Piglio-.

Si l'incendie se propage dans ces régions, il peut

1. Girardon à Macdonald, 3 aoilt (Carton 3.a/87, Registre Girardon, n" 81).

2. Odoardi, soutenu j)ar la Centrale, a affermé les biens de Piglio; Domenico Angelolti, d'Anagni, reclame contre lui.

gagner rOmbrie et le Trasimène toujours suspects; si même il reste localisé dans les gorges sauvages de Subiaco, sur les montagnes altières de Palestrina, Dieu sait comme on pourra en venir à bout. Dans ce pays superbe, les précipices côtoient les sentiers glissants; de vastes cirques s'évasent au pied des montagnes escarpées qui cachent leurs pentes chauves sous une pluie de rochers et de pierres. A voir cette solitude profonde, on dirait un cimetière immense, semé de monuments funèbres et, parfois, un champ de bataille mitraillé par une artillerie de géants. Les canons français ne sauraient s'y aventurer à la suite des colonnes légères; les insurgés pourraient y lutter sans fin. Par bonheur, le capitaine Royer surveille avec fermeté tout le pays de Tivoli et de Rieti, oii les sbires sont particulièrement menaçants; le 13 août, il les désarme; le 11, le lieutenant Szayden s'installe à Valmontone ; la Sabine, ainsi tenue par ses deux extrémités, se calme peu à peu : Subiaco fait sa soumission, tandis que Palestrina reçoit une garnison de cinquante hommes'.

Dans la plaine pontine, le succès est le même, mais il coûte plus d'efforts. L'adjudant général Maurice Mathieu part avec une colonne dans la nuit du 4 au 5 août, tandis que le 6 le capitaine Jablonovvski, de la 1" légion polonaise, occupe Piperno. Après avoir passé par Velletri, il se met en marche vers Ponte- Maggiore, sur la Lina Pia, à quelque 10 kilomètres de Terracine-. Le 9, il rencontre les ennemis et les culbute non sans peine 3. Le major Podoski est tué à la tête de ses hommes, le capitaine Lacroix blessé ; mais la vaillance du capitaine Lebrun, entré le premier dans la ville, entraîne les troupes et décide du succès''. Maurice-Mathieu, toutefois, ne se fait pas illusion sur la

1. Girardon à Macdonald, Il août. Macdonald à Girardon, 12 août. Velletri et Albano sont en même temps désarmés (Macdonald à Maurice Mathieu, 13 août).

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