CHAPITRE III
SUBORDINATION DU POUVOIR MILITAIRE A l'aUTORITÉ CIVILE LA SECONDE COMMISSION FRANÇAISE
11 août 1798 — 28 novembre 1798
Le lendemain' du jour où, sur la place Saint-Pierre, avaient été solennellement fêtées la prise de Malte et la chute de la royauté, les nouveaux commissaires, nommés par le Directoire le 1 3 messitero, faisaient leur entrée dans Rome'-. Les troupes allaient, pour les recevoir, se ranger en bataille devant le palais de l'Académie de France, qui devait être leur demeure, et le drapeau tricolore s'abaissait pour les saluer"^; c'était la solennelle reconnaissance de leur absolue suprématie.
Ces commissaires étaient deux anciens religieux, juristes de fraîche date. L'un, Bertolio, avait quitté l'ordre des liocchettini'* à l'époque de la Révolution et était devenu, grâce à de puissants amis, substitut du commissaire près le tribunal civil et militaire de la Seine. Duport du Mont-Blanc, son collègue, venait des Philippini ; il avait aussi été substitut du commissaire du Directoire, près le tribunal de cassation"'. Ignorant tout l'un et l'autre, pouvaient-ils faire autre chose que des sottises?