Sala, II
5. 0 veiidéniiaire. Arcliivio, 31. Il écrit encore : « Vous n'ignorez jtas l'état d'appauvritsseineul et d'iuiiiuissaucu dans lequel se trouve le plus grand nombre
3Ô4 DÉSOLAtlON DE L ÉTAT ROMAtN
de tous côtés il résulte qu'on ne peut plus se dissi muler que le service manque quasi complètement. La Compagnie des fournisseurs étant désorganisée et, ayant par sa dissolution perdu tout crédit, ne conserve plus la force, ni l'unité nécessaire pour fonctionner; et de fait, elle est dépourvue de moyens et de ressources qui le lui permettent. Les municipalités qui se trouvent obligées de fournir elles-mêmes ne savent où se tourner et à cause de l'invincible opposition |l qu'opposent les communes à l'exportation des denrées ' et à raison du manque absolu de ressources publiques; et celles des particuliers sont complètement épuisées La nouvelle que je leur ai donnée, à la suite d'un décret consulaire, qu'elles seraient remboursées, en biens nationaux mis à ma disposition, de leurs nombreuses fournitures les avait ranimées et leur avait procuré quelques denrées. Maintenant que la suspen- . sion de cette mesure les a privés de ce regain d'espé-i rance, elles sont tombées dans la plus grande déso- ( lation ; d'ailleurs elles ne savent plus où trouver les, fournitures qu'elles sont contraintes de donner. Leurs' lettres ne respirent que le désespoir, que le deuil, que la crainte de revoir se renouveler les funestes scènes desquelles, se disent-ils, nous avons été si malheureusement les témoins. »
Les consuls en réfèrent aux commissaires, qui croient • devoir prendre des mesures énergiques. Les remèdes auxquels ils ont eu recours jusque là sont donc impuissants ; la loi sur la sûreté publique n'a pas ramené le calme dans les campagnes^ et la loi qui a accru le pouvoir des grands questeurs- n'a rétabli ni la discipline dans l'administration, ni le bon ordre dans les finances-^
des communes de la République. J'en reçois de toutes parts les plus émouvantes' descriptions. »