‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 317 sur 579 · AOUT-OCTOBRE · texte numérisé non relu

AOUT-OCTOBRE

« aux autres cas de même nature qui se succèdent à la « journée. » Il faut avouer que l'obéissance leur est bien difficile et leur serait bien méritoire. « Les administra- « tions départementales doivent ou bien violer la loi ou « bien négliger les dépenses locales indispensables^. « On propose une loi afin que le fruit des biens natio- <( naux soit versé dans la caisse de la questure, allégé <( des dépenses nécessaires à la culture et h l'entretien <( des domaines. »

Comme chaque pays s'efl'orce de sauver son argent des grilles officielles, il s'évertue de même, malgré la loi encore, à conserver les graines et denrées nécessaires à sa subsistance. La loi du 12 août^ interdisait à tout propriétaire de vendre la moitié de sa récolte, tant que Ton aurait pas réuni les quantités nécessaires à l'approvisionement de Rome; l'insuffisance des munitionnaires obligeait les commandants de troupes à des réquisitions qui épuisaient les communes et les privaient de toutes les denrées indispensables à leur vie '. Elles luttaient donc avec obstination pour échapper à la ruine, et il ne s'en fallait pas de beaucoup qu'elles n'y fussent tout à fait englouties.

La proclamation que les commissaires adressaient le 10 septembre aux aduiinistraleurs départementaux et préfets consulaires atteste cette insubordination des diverses autorités vis-à-vis du pouvoir central. Elle porte en substance que lesdits fonctionnaires dirigent tout à leur caprice et que, pour cette raison, beaucoup de départements ont vu s'introduire chez eux l'anarchie, ce monstre qui a détruit les plus antiques républiques naissantes'^ Et la lettre désespérée que, le 30 septembre, Brémond écrit aux consuls atteste à son tour la désolation de tout l'état romaine (* Des lettres que je retjois

Page 1