NAPLES SE PRÉPARE A ATTAQUER
de 1783. Il avait trouvé une alliée puissante dans cette fameuse Emma Hamilton, la plastique déesse du D"" Graham, l'ancêtre de la Loïe-Fuller, « devenue, par « la folie d'un vieux diplomate, ambassadrice du roi « Georges et, de par le caprice de Marie Caroline, confi- « dente et favorite d'une reine »; très belle encore et séduisante, quoique sur le retour; très bonne anglaise, du reste. Elle avait prévenu le cabinet Saint-James des intentions de Charles IV, lorsque celui-ci avait voulu déclarer la guerre aux Anglais; elle poussait en avant la reine, « ennemie à mort de la France, par principe et « par vengeance » ; elle l'encourageait sans cesse, elle lui vantait le génie de Nelson, qui accourrait en cas de malheur afin d'arrêter les Français.
Ainsi, après avoir longtemps tremblé, Naples s'enhardit jusqu'à menacera son tour. Le rapportadressé au Quirinal le 24 juillet (6 termifero) annonce aux consuls que le maître de poste de Frosinone a renvoyé les plis adressés au préfet de Ponte Corvo, parce que, à l'Isola, sur la frontière, on déchire les lettres. Dans une dépêche, datée de Naples, 28 juillet, le vice-consul de France, Couturier, annonce au général en chef de l'armée d'Italie que le ministère vient de prendre des mesures hostiles, à la suite d'un grand conseil de guerre, pour se défendre « ou même pour attaquer ^ ». Le ministre de la Guerre napolitain Ariola a reçu un crédit de 1 million de ducats par mois afin d'accéler ses préparatifs ; le majoringénieur Suzanne a été envoyé au quartier-général autrichien afin de combiner les opérations des deux armées; on a décrété une levée de treize hommes par cent habitants ; on a confié ait marquis de Castel-Cicala le soin de réorganiser la police, de chasser les Français et de surveiller les patriotes ; on a subordonné à l'audacieux Acton le trop docile Gallo, qui ne pourra plus prendre seul aucune mesure.
Couturier n'ajoutait pas, mais nous savons qu'à cette