‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 351 sur 579 · INSULTES DE NAPLES A LA FRANCE · texte numérisé non relu

INSULTES DE NAPLES A LA FRANCE

tir du 3 septembre. Ce jour-là, on a appris la graiï nouvelle : la flotte de Bonaparte, que l'on a craint si longtemps de voir fondre sur Naples, vient d'être détruite dans la rade d'Aboukir. C'est dans tout le royaume une explosion de haine et de joie : ces Français maudits, ces va-nu-pieds toujours vainqueurs, enfin, 1 ils ont donc trouvé leurs maîtres! La reine exulte; avec non moins d'impatience que lady Hamilton. elle attend Nelson pour fêter le vengeur des rois. Les Anglais, on le devine, ne sont pas hommes à négliger un événement qui peut leur être si précieux. Si Nelson ne veut pas aller Naples', lord Saint-Vincent, par un ordre formel, le contraint de s'y rendre; il doit, avec ^ habileté, exploiter sa victoire, achever de compromettre Naples vis-à-vis de la France, « afin que celle-ci lui tombe dessus » [affinchè qiiesta... le plombasse sopra)-. Et, pour la seconde fois, la cour de Marie- Caroline viole les devoirs que la neutralité impose, la flotte anglaise est reçue en triomphe (23 septembre); l'escadre napolitaine se dépouille de ses voiles, de ses mats et de ses vergues pour la remettre en état de reprendre la mer contre les Français maudits. Et c'est à ce moment que le nouvel ambassadeur de France, Lacombe Saint-Michel, est retenu deux jours à la frontière (25-26 septembre), tandis que les attachés de | la légation française sont journellement insultés par les ' espions de Castel-Gicala; c'est à ce morpent enfin, dans l'enivrement du triomphe, que la cour se décide à lancer à la France la suprême injure : le 24 septembre, la frontière romaine est violée par la division napolitaine des Abruzzes'^

Nelson s'attend à ce que le Directoire déclare la guerre à Ferdinand; mais Macdonald se borne à demander des explications au général napolitain, le ■

1. Nelson à lord Saint- Vincent, 20 septembre 1798 et à Minto, 29 août (Nelson, Dispatches, III, 128).

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