LA POLITIQUE DE JOHN BULL
les généraux napolitains n'inspirent qu'une médiocre confiance, fait demander à Vienne un général et un état-major allemands : les succès de Mack feront cesser les incertitudes de Thugut. Pitt se complaît dans cette pensée : les liens de famille qui unissent les deux cours de Naples et de Vienne, ne présagent-ils pas que celleci sera entraînée par celle-là. Le 7 septembre 17981, l'impératrice d'Autriche écrivait à la reine : « Vous « attaquée ou vous attaquant, l'empereur agira sûre- « ment tout de suite » ; la reine était mère de l'impératrice; et une vive tendresse unissait les deux souveraines, qu'une haine égale animait contre la France. Ce n'est pas tout : les Deux-Siciles ont d'autres motifs encore de compter sur l'amitié de l'empereur; n'est-ce pas Gallo, l'ambassadeur de Ferninand IV, qui a empêché la rupture des conférences d'Udine en 1797? Libre de tout souci du côté du nord, grâce au succès de lord Elgin à Berlin, l'Autriche pourra-t-elle .méconnaître avec les liens de famille les services rendus?
Aussi, durant tout le mois d'octobre, tandis que Lacombe Saint-Michel offre la paix, Nelson, Emma et Acton poussent de toutes leurs forces à la guerre. « Le roi, dit Nelson, n'a d'autre alternative que de « marcher en avant, confiant en Dieu et en sa bonne « cause et de mourir, s'il le faut, l'épée à la main, ou « d'attendre tranquillement qu'on le chasse de son « pays. » Et lorsque Gallo, qui prêche la raison à cette « cour insensée, objecte le manque d'argent : « J'ai tou- « jours été d'avis, répond Nelson, que Pitt ne pouvait « pas demander d'argent au Parlement en ce moment; « mais, si l'on met ici tout en œuvre pour se sauver, |j « l'Angleterre ne restera pas inactive; jamais encore « John Bull n'a laissé un ami dans t embarras ~. »
On voit que la belle Emma n'empêchait pas Nelson de servir très utilement son pays. Elle obtint cause