‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 393 sur 579 · Bonnamy · texte numérisé non relu

Bonnamy

2. On a vu que Damas fut ensuite battu par Kellermann, à Montealto ; il I obtint de lui une convention honorable àOrbitello.

DÈCEMÔRË 1798 38S

faut encore affermir et compléter son œuvre de pacification, et c'est à cette œuvre qu'il travaille par une double série de mesures militaires et politiques. La division du général Lemoine (centre français) se replie de Gantalupo sur Rieti et reçoit l'ordre d'enlever le défilé d'Androdoco, d'envahir les Abruzzes et de donner la main, sous les murs de Pescara, à la division du général Duhesme (gauche française).

Celui-ci venait à peine de prendre le commandement de sa division, confiant à Rusca, sa brigade de droite (un bataillon de la 64% un bataillon de la TS*" et 500 cisalpins^); à Monnier sa brigade de gauche (la 27" légère; 200 cavaliers du 11" de cavalerie et une compagnie d'artillerie légère), et gardant en réserve la 73" au quartier général-, qu'il avait vu une insurrection très dangereuse éclater sur ses derrières-^ et couper ses communications. Il paya d'audace; il continua sa marche on avant, prit Pescara et put alors renforcer la colonne qui opérait contre les rebelles et qui fut victorieuse à Corropoli et Nereto''.

Affermie par ces victoires, renforcée de la division Lemoine, la gauche de l'armée française de Rome est désormais à l'abri de toute surprise. Championnet doit lui-même en diriger l'aile droite (division Macdonald); et, pour préparer sa marche en avant, il pousse sur Terracine, qui ne fait aucune résistance, les troupes légères du général ReyJ.

Son œuvre politique complète ses préparatifs militaires : avant de se lancer dand le sud, il lui importe d'avoir un peu raffermi Tordre dans cette informe république qu'il a sauvée de la ruine. Tandis que Bassal,

1. Duhesme à Championnet, 19 frimaire. S. Amero (C'/iam/3to/i?(«<, 29t).

2. Moins le bataillon qu'a Kusca, et qu'il gardera jusqu'à l'arrivée annoncée d'un bataillon de la 7n'. Iliid.

,'i. « F.orsqiie les Naiwjlilains ont envahi une grande partie du département du Tronto, la plus grande partie de ce département était pour eux » (Uusca aux consuls, l'i frimaire. Arclnvio, 40).

'.. Thiébault, II, 20;i, 30'.). Cf. infrà.

5. Il les renforçait de Compagnies campaniennes {f'oUezione, III, ;t42), jiremier noyau delà future armée napolitaine; il leur faisait délivrer les chevaux dont elles avaient besoin (CoUezione, III, 307).

L ŒUVRE DE CHAMPIONNËT

puis be Romains

Bertolio, puis les consuls répandent sur les les flots de leur éloquence^, il annonce aux (( Républicains romains » que « l'armée de Rome a « rempli ses promesses » et « battu sur tous les points « l'armée de Naples ' » ; il réorganise provisoirement l'Administration centrale du département du Tibre ' et la police de Rome'^; il fait procéder à un désarmement | rigoureux de la ville ^ et surveille de près les agioteurs qui spéculent sur les assignats et font monter les prix^, et les gros marchands qui gardent leurs produits, espérant les écouler en cachette à meilleur cortipte ^. Afin d'assurer la sécurité du Quirinal, il remanie la garde civique, lève trois bataillons romains^ et nomme, pour en diriger le recrutement, l'équipement et l'armement, un Comité de guerre formé de Franceschi, de Greco et de Cicognani'-'; en môme temps il assure l'autorité des consuls dans les départements comme à Rome, répartit lui-même les troupes romaines sur le territoire de la République, en interdisant à tous de modifier ^^ leurs emplacements respectifs.

Après avoir ainsi pourvu au plus pressé, il permet au gouvernement consulaire de rentrer dans sa capitale où Bertolio la précédé, le 18 décembre '^ Les consuls rentrent la veille de Noël, au bruit des salves que tirent les canons du château Saint-Ange, au milieu d'une tristesse morne : beaucoup pensent, ainsi que l'écrit l'un d'entre eux^'~ : « Voilà les ennnemis les plus

1. Collezione, lll, 314, 33!)-342. On apprenait à ce moment que le Directoire venait de déclarer solennellement la guerre à Ferdinand IV (16 frimaire, VII. Bulletin des Lois, n» 244).

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