Svbel, V
2, Sybel, V, 395,
390 l'ambassadeur de FRANCE
l'archange saint Michel devenu, de par la vol consuls et le bariolage d'un peintre décorateur, le Génie de la France, libérateur de Rome^l On pouvait ,j craindre que ce ne fût la marque grotesque de la servitude oii gémissait la ville; on y pouvait voir le signe de sa sujétion.
Il n'en était pas tout àfait ainsi. Le 23 décembre 1798, Ghampionnet écrivait aux consuls- : « En rétablissant <( votre autorité tout entière sur les bases que la consti- « tution a fixées, je n'ai fait que céder à la bonne opinion i « que vous m'avez inspirée vous-mêmes de votre pru- « dence et de votre fermeté; et j'ai en môme temps « rempli les vues du gouvernement français, qui veut (( que votre autorité soit affermie et entièrement délivrée ; « de la direction et de l'influence des commissaires « extraordinaires qu'il avait cru nécessaire d'envoyer | « pour l'organisation de votre république. » L'arrêté directorial du 29 novembre (9 frimaire) demeurait en vigueur, et la commission civile supprimée ^ ne reparaissait pas; la France renonçait à son droit de tutelle, abandonnait la jeune république à elle-même : un ambassadeur extraordinaire la représentait seul désormais au Quirinal.
Et, en effet, les lois de la République ne sont plus contresignées par le général français, les consuls retrouvent vraiment un peu d'initiative. Le 26 décembre, une proclamation solennelle qu'ils font afficher partout annonce qu'ils reprennent l'exercice du souverain pouvoir. C'est la fin de l'état de siège''; c'est la prélude de la réorganisation administrative de l'état; par malheur, c'est aussi l'annonce d'une persécution politique. « Un « moment de crise, disent-ils, était nécessaire à l'éta-
1. Galimberti, 9 janvier. La statue de Verschaffelt datait de 174G.