Schiffey, II
« ma conviction intime, et le peuple prussien n'en a « pas besoin » ; et lord Granville avait beau insister jusqu'au mois de mai, il ne parvenait pas à ébranler ces résolutions. Rien de plus facile, disaient avec raison les ministres prussiens, que de passer de la neutralité à la guerre ; rien de plus malaisé que d'opérer l'évolution inverse ^ Les princes étaient plus catégoriques encore ; ne savaient-ils pas qu'en cas de guerre le Directoire négligerait leurs intérêts et remettrait jusqu'à la paix l'atraire des sécularisations ? Et cela seul leur importait : « La Bavière, Deux-Ponts, « Hesse-Cassel cherchent à former une ligne pour (( livrer l'Allemagne aux Français moyennant de larges « indemnités », écrit Thugut le 10 janvier-. Il n'oublie qu'une chose, lorsqu'il tourne en reproche cette constatation de fait : c'est que lui-même rie connaît pas d'autre politique, c'est qu'il livrerait lui-même l'Allemagne moyennant de « larges indemnités », en Italie par exemple. L'Angleterre ne peut donc encore décider l'Autriche : isolée de la Prusse et de l'Allemagne, compromises avec la France et qui peuvent un jour se prononcer en sa faveur, elle craint de livrer passage aux soldat du tsar ; Talleyrand a expressément fait savoir au Congrès que ce passage accordé, c'était la guerre déclarée (2 janvier 1799) ; l'Autriche hésite donc; tant que durent ses hésitations, la République romaine peut essayer de vivre.
Le9 janvier 1799, Rome étonnée découvrait en haut du château Saint-Ange, coiiFé du bonnet rouge, étincelant des trois couleurs nationales, le messager divin qui avait annoncé à saint Grégoire la cessation de la peste,