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oUezione, III 463, 7 févnef

396 UNE ENCYCLIQUE FÉBRONIANISTE

« curés, afin que les autorités constituées en soient « responsables. Si l'on s'écartait de ces maximes, on ne « saurait plus comment diriger la surveillance publique (( [vigilanza pubhlica)... Je vous rappelle ma circulaire « du 29 nivôse. . . je vous charge en outre d'écrire immé- « diatement une pastorale à votre troupeau, dans <( laquelle vous lui exposerez combien les magistrats ont « sagement fait en restreignant le droit de prêcher aux (( seuls évoques et curés ; je vous autorise môme à, « l'imprimer et à la faire afficher. Je voudrais que les <( curés vous secondassent aussi sur ce point particulier. « Vous transmettrez copie de votre pastorale à mon « ministère, devant lequel vous serez responsable de « l'exécution totale de la présente. » Voilà qui est net: l'évêque n'est qu'une manière de préfet consulaire, qui fait manœuvrer ses curés comme ses collègues laïques font marcher les édiles ; la seule différence, c'est qu'il proche l'Evangile, simple exposition des devoirs de l'homme et du citoyen, tandis que ceux-ci invoquent la déclaration des droits de l'homme: qui donc aurait la mauvaise grâce de prétendre que les deux enseignements ne se complètent pas l'un l'autre?

Voici, du reste, qui précise encore l'inspiration febronianiste du gouvernement consulaire : la circulaire adressée le 7 février aux autorités municipales laisse clairement voir quelle importance il attache au CAm/mnisme-moyen de gouvernement et de quelle haine maladroite il poursuit le Christianisme-association religieuse des croyants en Jésus. Il recommande aux autorités de refuser Vexequatur aux curés « qui, par leur paroles « ou leurs écrits, ou plus encore par leurs actions, ont « fait du tort à la cause sacrée de la liberté » ; il leur donne le pouvoir de destituer ceux qui se trouveraient dans ce cas. Il avertit « qu'il ne se plaindra jamais « d'être journellement informé de la conduite civile et « politique des curés et des évoques » : « Les hommes « qui, manœuvrant à leur gré les consciences d'autrui,

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peuvent faire tant de bien et tant de mal, comme nous voyons qu'ils en ont fait, méritent d'attirer l'attention du gouvornemeut, et je me croirais coupable de la plus condamnable négligence en me montrant indifférent h leur égard. Examinez donc leurs démarches avec exactitude, surveillez leurs prédications, informez-moi de tout afin d'empêcher do nouveaux désordres et carnages '. »

Mais le ministre ajoute aussi qu'il proscrit l'affichage on dehors des églises et sacristies « des Inviti Sacri « et des notifications relatives au jeûne, aux exer- « cices spirituels ou à tout autre institution du culte '< chrétien ». Il confie aux préteurs cantonaux le soin d'apaiser les difficultés et do trancher les différends qui surviennent entre les religieux. Il ordonne aux municipalités d'empêcher dans les couvents la tenue des assemblées capitulaires ou provinciales. Il leur ordonne enfin, avec une décision admirable, d'arrêter net le recrutement du clergé. A tous ceux qui demandent les ordres mineurs et majeurs et veulent être promus au sacerdoce, « refusez, dit-il, à tous indistinctement « et avec une franchise républicame, les ordres sacrés; « et ne vous faites pas tromper par les mensongers « prétextes des besoins populaires, d'appel du ciel, de « l'indigence extrême de candidats : le sacerdoce, leur « direz-vous, n'est pas un trafic, et quiconque l'ambi- « tionne par intérêt doit en être exclu pour toujours ^ ». Il allègue le nombre prodigieux des prêtres, les charges énormes qui, de leur fait, accablent le trésor public : ce bon bourgeois qui craindrait si fort qu'on « socialisât » sa fortune particulière oublie qu'il a « nationalisé » les biens ecclésiastiques. Il déclare, du reste, que, lorsque les paroisses seront systématisées et que

1. W est probable, on Ta vu plus haut, que, si l'insurrection de toute la montagne ne vint j>an seconder l'influeuie napolitaine, c'est à l'influence des évêques et de» cures qu'en fut redevable la Uépuliiique. Le Quirinal était bien aise de rejeter sur les catnoliques la responsabilité de ses fautes.

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